Bleu-Sauvage

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mardi 02 décembre 2008

Nos navigations dans le Pacifique

 

 

En attendant, un petit poème de Pablo NERUDA que j'aime bien :

 

Il meurt lentement

Celui qui ne voyage pas

Celui qui ne lit pas

Celui qui n'écoute pas de musique

Celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux....

 

Il meurt lentement

Celui qui ne change pas de cap

Lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour

Celui qui ne prend pas de risques

Pour réaliser ses rêves

Celui qui, pas une seule seconde dans sa vie,

N’a fui les conseils sensés.

 

Vis maintenant ! Risque toi aujourd'hui !

Ne te laisse pas mourir lentement !

Agis tout de suite !

Ne te prive pas d'être heureux.

 

 

lundi 01 décembre 2008

Une pause d'un an . . . . à terre !

Nous avons quitté la Calédonie pour passer une année aux Marquises….. à terre ! et repartir sur un autre bateau en 2010, probablement depuis les caraïbes.

Le Mootea est vendu ; ça a été une déchirure pour nous mais nous avons eu de la chance de trouver un acheteur qui est tombé fou amoureux de notre bateau et qui va continuer de le faire naviguer dans le Pacifique ; bon vent Stewart et nous avons hâte de te retrouver dans 2 ans, avec ton Mootea bien sur !

                            Stewart, le nouveau propriétaire du Mootea   

 

 

 

    

   Mais tout commença le jeudi 8 mai 2008 à 15h30, le départ vers Rarotonga . . .

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lundi 24 novembre 2008

Escale à Rarotonga

Rarotonga_003.jpg

Kiaorana

Nous voila à Avatiu, petit port de commerce de Rarotonga des îles Cook ; partant de Huahine, il nous a fallut 8 jours de mer pour y arriver alors que notre nouveau voisin n’a mis que 3 jours !
Les 7 premiers jours ont été un record de lenteur ; vent très faible avec une mer très calme, voir plate, et aucun nuage à l’horizon, on avançait péniblement à 2 nœuds, on dormait bien la nuit sans faire de quart car on était absolument seul sur l’eau, on se préparait de bons petits plats, on bouquinait, on glandait, on s’est même baigné dans le grand bleu, bref, on était heureux. Et puis le dernier jour, le vent à viré du sud-est au nord-ouest et a forci, notre bateau avançait bien avec toute sa toile, un bon 5 nœuds avec une belle mer et on a enfin pêché un joli thon rouge de 15 kilos que l’on a remonté facilement et là, on était super content, on était tellement excité au mille façons de manger ce poisson que l’on n’a même pas remarqué la chute brutale du baromètre, trop de bonheur vous rend aveugle !
C’est arrivé la nuit, ça arrive toujours la nuit, le vent a monté en puissance apportant avec lui une mer très agitée, on a du prendre 1, puis 2 et enfin 3 ris dans la grande voile, le génois était enroulé aux deux tiers et ressemblait à un string, quand à l’artimon, il a préféré abandonner en se déchirant dans toute sa partie haute ; puis la mer est devenue mauvaise avec toujours une vague plus haute que les autres pour nettoyer le pont mais surtout avec des vagues qui se fracassaient contre la coque avec une puissance phénoménale et dans un fracas effrayant, comme une bonne claque dans la figure. A l’intérieur, c’est le désordre, l’eau arrive quand même à rentrer, il est impossible de se faire à manger, ni même un tartare de thon ! Il faut rassurer notre fille qui se demande pourquoi tout bouge, rectifier le cap que le pilote a du mal à tenir, dégager l’écoute du génois bloquer à l’avant du bateau par le guindeau, etc… et gérer les pannes car c’est toujours dans ces moments que ça casse, comme le collier inox du réservoir gasoil qui casse juste avant d’arriver au port, comme par hasard ; mais notre pire avarie, c’est quand même la panne de la barre hydraulique rendant impossible de diriger le bateau ; il a fallut 30 minutes pour réparer, 30 minutes pendant lesquelles le bateau n’était plus dirigeable, mais heureusement pour nous, cela c’est passé en début de traversée et le beau temps était avec nous ; le pire venait d’être évité.
On est arrivé vendredi matin, complètement crevé mais heureux de pouvoir souffler un peu au calme de ce petit port de commerce, seul endroit de mouillage de l’île. Le lendemain, un gros voilier arriva, notre nouveau voisin ; il a mis seulement 3 jours en partant de Bora Bora mais ça n’a pas été une partie de plaisir pour lui. Cette navigation nous a appris beaucoup et nous apporterons les modifications nécessaires au bateau pour repartir dans de bonnes conditions : rester au sec, pouvoir manger, tout caler, tout amarrer, etc…Rarotonga_012.jpg Plus besoin de balise sur tribord


Infos pratiques :
Il y a 2 archipels au Cook : l’un au nord, l’autre au sud. 237 Km² de terres réparties sur plus de 1,8 millions km² de mer.
Il faut un tirant d’eau inférieur à 1M80 pour entrer dans Aitutaki, on est donc allé à Rarotonga, au sud.
La capitale est Avarua (8000hab.) et le seul port est Avatiu qui est le port commercial de l’île ; on mouille dans le port, amarré par l’arrière au quai. Pas d’électricité mais de l’eau et mouillage très inconfortable par vent de nord-ouest. Le port est vite plein et affiche parfois complet. Bon approvisionnement au supermarché à 200 mètres du port. Magasin de bricolage en face du port avec petit accastillage de bateau, rien d’autre ailleurs. Mouillage dans le port d'Avatiu
Rarotonga ressemble étrangement à Moorea mais en plus petit, son aspect et ses habitants notamment, mais ils roulent du mauvais coté de la route, ils ne parlent pas comme nous, ils ont des claviers qwerty où il n’y a pas d’accents, les motards ne portent jamais de casque, les rues n’ont pas de trottoir mais sont super propres et enfin, les bières font 375ml et coûte 2 fois moins chère qu’à Tahiti : il est chouette ce pays ! Ici, on n’arnaque pas le touriste, on peut dormir à 20 euros la chambre, les restos sont pas chers, la location de voiture ne se paye pas au kilomètre et internet est raisonnable ; ils ont tout compris au tourisme et pourtant cette île est autant isolée que Tahiti. On est content d’être là, la montagne est superbe et il y a beaucoup de ballades à faire, pas toujours facile sans guide ; on s’est un peu perdu sur le sentier du ‘Te Manga Track’, le sommet culminant de l’île à 653 mètres. Rarotonga_027.jpg

On ne restera qu’une semaine à Rarotonga ; le port est assez inconfortable par vent de nord-ouest et nous recherchons plus les mouillages dans les lagons que dans les ports. Nous partons donc demain pour Niue, à 590 miles au nord-ouest de Rarotonga ; ce sera notre dernière ‘longue’ traversée car toutes les autres îles jusqu’à la Nouvelle Calédonie sont assez rapprochées.

Rarotonga_013.jpg


Rarotonga_018.jpg

Rarotonga_022.jpg

dimanche 23 novembre 2008

Niue et la fin de la ZCPS

Le pavillon jaune !

Fakaalofa Lahi Atu,

Oui, c’est plus compliqué à dire que ‘Kia orana’ mais ça veut toujours dire ‘bonjour’.

Nous voila donc arrivé à Niue, petit île indépendante de 2000 niuéens environ pour une superficie de 258km², autant dire qu’il reste encore beaucoup de place et c’est la première impression que l’on a eu de cette île : beaucoup d’espace. On en avait marre de Rarotonga, la pluie nous empêchait d’explorer les hauteurs de l’île et le petit port de commerce était envahi d’ARCiens ; l’ARC est un raid autour du monde réservé aux riches ayant de beaux bateaux semi-automatique et pour certains, une très haute idée d’eux même ; il faut quand même débourser une petite fortune pour y participer (mais le drapeau de l’organisation est offert !) ; depuis Huahine, ils nous collent au cul et sont parfois envahissant ; il est vrai que pour eux, on est des pouilleux et même avec notre 14 mètres, on a jamais été invité à boire l’apéro, juste un petit bonjour sur le quai, c’est tout ; même les rares français y participant nous ont ignoré, les ARCiens restent entre eux et la découverte de l’île est vite expédiée en mini bus et en une matinée ! La plupart ne reste que 2 jours dans chaque île, nous, c’est 2 semaines ! On n’est pas du même monde, on n’est pas du même monde.
Alofi

On est donc parti samedi en même temps qu’un bateau russe et ceci, malgré la petite dépression annoncée pour la semaine suivante ; cap vers l’île de Niue, distante de 585 miles à l’ouest (soit 1000 km). La navigation a été aléatoire et pénible, due au vents tournants et irréguliers ; nous qui croyons avoir les alizés de sud-est, c'est-à-dire réguliers, on ne savait pas que vers la latitude 20 se trouve la ZCPS (la Zone de Convergence du Pacifique Sud, voyons !) avec cette caractéristique d’un temps très changeant. Ça n’a pas été de tout repos car la mer était assez agitée, surtout le dernier jour où il a été impossible de dormir ; les russes devaient avoir la météo à bord car ils ont mieux profité des vents changeants et dans la nuit du 4ème jour, ils nous ont dépassé ; ce jour là, on a péché un joli Mahi Mahi d’une dizaine de kilo et le baromètre a chuté mais cette fois-ci on était prêt au pire, y compris les bidons de survie au cas où un cachalot nous enverrais par le fond… le vent a forcit et le bateau gîtait bien, assez pour que l’eau de mer pénètre dans les réservoirs d’eau douce par l’évent, ce qui a donné un goût infecte au thé ! Je vous passe les petits problèmes de fuite de gasoil dans les fonds, l’ampoule du feu de navigation grillée, etc… car se sont les aléas de la navigation !

On n’a pas vu la dépression. On est arrivé vendredi matin dans la baie d’Alofi et quelle a été notre surprise de voir le bateau russe échoué sur le platier ; il a eu une panne de moteur vers les 3 heures du matin et la forte houle l’a mis au sec, entièrement au sec ! il sera sorti en fin de journée par le remorqueur de l’île spécialement mis à l’eau par une grosse grue ; cela nous conforte dans l’idée qu’il faut impérativement arriver de jour et que nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur de navigation ou d’une panne. La mer est l’un des rares sports où l’on ne peut pas tricher…
Plage de Niue

Niue est une île haute sans lagon donc sans possibilité de mouillage en eau peu profonde, mais le Yacht Club de Niue (le seul au monde qui ne possède aucun bateau !) a installé 18 corps morts pour les bateaux de passage ; pour aller à terre, c’est pas simple, la houle empêchant tout débarquement sur la plage, il faut utiliser la petite grue du quai en béton pour remonter l’annexe et une fois sur le quai, on l’a déplace avec un petit chariot pour la ranger sur le parking, fastidieux mais marrant ! Remonter l'annexe

A Niue, on ne rigole pas, interdiction de travailler le dimanche : pas de bricolage, pas de bateau, pas de pêche ni même de baignade ! Les niuéens sont protestants et le dimanche, on va à la messe. Ce sont les missionnaires qui ont tout interdit pour obliger la population à se rendre à l’église et même de nos jours, les niuéens respectent cette interdiction ; mais le pire sera aux Tonga où le port de la chemise est obligatoire sous peine d’amende ! À suivre…
Niue Niue

On a adoré Niue ; il n’y a pas de touriste ici hormis les navigateurs mais tout est super bien entretenu, super bien indiqué ; les Niuéens sont extrêmement accueillants et gentils, ils te parlent, te touchent, te sourient et l’île est très intéressante : beaucoup de ballades en forêt et un littoral surprenant avec une multitude de criques, de grottes, de bassins naturels taillés dans la roche volcanique. On ne se lasse pas d’explorer les ‘caves’, ces cavités souterraines où se mélange eau douce et eau salée ; la plongée à Niue est exceptionnelle, l’eau n’étant pas polluée, la visibilité est de 60 mètres et il n’est pas rare de croiser des baleines et des dauphins ; Leïla a d’ailleurs plongé avec eux et en garde un souvenir inoubliable.
Fantastique !
Avaiki Cave : la piscine du roi (baignade interdite le dimanche...) Avaiki cave

Avaiki Cave

Avaiki cave
Matapa Chasm Matapa Chasm
Togo Chasm : Une oasis dans le corail Togo Chasm

Togo Chasm

Togo Chasm
Tavala arche : Talava arche

Talava arche
Limu Pool : Limu pool

Limu pool

Anapala Cave
Anapala Cave : la descente au coeur de la terre ! Anapala Cave

Anapala cave

Alors que les deniers ARCiens quittaient le mouillage, voilà qu’un nouveau raid nous envahissait : Le ‘Blue Water’ ; là, c’était trop, il était temps de mettre les voiles ; on a attendu 3 jours une bonne fenêtre météo et on est parti vendredi vers les Tonga, suivi des Blues Water évidemment
Niue A suivre...

jeudi 20 novembre 2008

Les Tonga Vavau : le nirvana de la plaisance

Malo e lelei,

Plus besoin de traduire, vous savez que ça veut dire « bonjour ».
Mer mauvaise

Après 40 heures de navigation difficile par une mer agitée, on est arrivé aux Tonga. J’espère qu’un jour on connaîtra une navigation idyllique par beau temps. On a rien cassé cette fois-ci mais on a perdu un jour de notre vie à cause de la ligne de changement de date, c’est un véritable scandale ! On est donc au pays des interdictions farfelues comme l’obligation pour les hommes de porter la chemise en public, sous peine d’amande, ou l’interdiction de bouger le petit doigt le dimanche ; ce jour là est un jour mort où toute activité est interdite, pas de pêche, pas de sport, pas de baignade, pas de commerce, etc… seul la messe est autorisée, bien évidemment…
Mouillage port refuge Le yacht club Facile pour le plein d'eau

Lorsque l’on arrive dans une nouvelle île, il faut se plier aux formalités d’immigration et de douane ; on passe d’un bureau à l’autre en remplissant une tonne de paperasse et en s’acquittant à chaque fois des droits. En théorie le bateau est inspecté, fumigé et les plantes, fruits et poubelles sont systématiquement détruits par incinération ; en pratique, c’est du pipeau et pour l’instant, personne n’est montée à bord. Notre fille Maya joue un rôle essentiel dans les démarches car elle attendrie les autorités avec ses grands sourires ; c’est d’ailleurs une chose surprenante ici, c’est l’adoration que suscitent les bébés. Dans tous les pays du monde, les gens aiment les bébés mais ici ça frôle l’hystérie collective. Au marché, les vendeuses s’arrachent Maya, elle passe de bras en bras, jusqu’à ce qu’on la perde des yeux ! Que ce soit au restaurant ou dans un cyber café, il y a toujours une serveuse pour nous la prendre, la dorloter, lui faire des bisous. C’est assez surprenant. Maya a été rebaptisée « smiling face » ou « happy baby » car elle se marre tout le temps dans les bras de tout le monde.
Plus de 40 mouillages ! Navcool Barbecue 2 mètres de fond ???

Les Tonga comportent 160 îles coralliennes dont seulement 36 sont habitées ; ce groupement d’îles est le nirvana des plaisanciers car on navigue dans un véritable labyrinthe d’îlots et de récifs, ce qui offre l’un des plus beaux bassins de croisière du Pacifique Sud. Dans notre groupe d’îles, les Vava’u, il y a plus de 40 mouillages référencés sur la carte mais en réalité il y en a beaucoup plus et ils sont tous différents et attrayants, le choix a été difficile ! on a adoré ‘Foeata’ qui est un petit lagon fermé perdu à l’ouest des Vava’u ; Hunga où l’on rentre par une étroite passe pour se retrouver à l’intérieur d’une île haute comme dans le cratère d’un volcan, incroyable ! et Tapana, entouré de 2 petits îlots déserts dans un petit lagon profond de 3 mètres, et partout, de l’eau limpide et des fonds superbes. Souvent seul dans ces mouillages, nos journées étaient bien remplies et lorsque la pêche était infructueuse, un pêcheur nous vendait ses poissons ou langoustes pour un prix extrêmement bas. Un jour, un Tongan est venu depuis l’autre coté de la baie (sur sa pirogue qu’il avait taillé dans un tronc d’arbre, du Mango) nous proposer son régime de banane et il a refusé notre argent, préférant faire du troc contre … des boites de corned-beef ! Le troc reste un bon moyen de se procurer de la marchandise et tout le monde y trouve son compte, une simple corde, des biscuits, des vêtements, des objets publicitaires contre des fruits, des poissons ou de l’artisanat local, tout est bon à échanger mais ce décalage entre nous est les Tongans est assez important et cette pauvreté apparente nous a marqué ; l’approvisionnement ici très faible, les magasins sont peu remplis et les produits importés sont chères ; il y a très peu de viande dans les magasins mais tout le monde a des cochons dans son jardin, un potager et la mer est généreuse.
Mouillage Foeata Tonga_075.jpg Le marché Mama au marché

Après 10 jours de mouillage, on est rentré au village pour préparer notre départ vers les Fiji. On quitte a regret ce paradis sans avoir vu la moindre baleine ni dauphin mais les Fiji nous réserve le meilleur. Notre première escale sera à Suva la capitale, pour y acheter des pièces pour le bateau et notamment le sondeur qui vient juste de nous lâcher, ce n’était pas le moment ! Cette navigation ne sera pas de tout repos car on doit contourner un groupe d’îles, trop dangereux à traverser, faire attention aux nombreux récifs isolés et arriver à destination aux heures d’ouverture des bureaux et surtout pas le week-end ; aux Fiji, on ne rigole pas et tous les moyens sont bons pour taxer les plaisanciers.
Nav Tonga_007.jpg coucher de soleil

mardi 18 novembre 2008

Suva, la grande capitale délirante

Bula,
Suva, la capitale

Nous sommes arrivés aux Fiji depuis 2 semaines déjà mais pour le moment, nous demeurons « coincés » à la capitale Suva. La traversée depuis les Tonga s’est relativement bien passée, les alizés ont bien porté le Mootea qui avançait à 7 nœuds, mais nous avons du supporter une mer bien agitée pour ne pas changer… L’essentiel problème de la mer agitée est que tout valse dans le bateau (mais cela on peut y remédier en accrochant tout) et qu’il est extrêmement difficile de se faire à manger. Si les deux premiers jours de navigation cela ne nous pose pas trop de problème (le temps de s’amariner et de retrouver la sensation de faim), 48 heures passées, on commence à se lasser des pâtes à l’eau et autres biscuits secs avalés à la va-vite. C’est donc plein d’enthousiasme que le 3ème jour de croisière, on s’est mis en tête de préparer une tarte provençale. Ce qui peut vous paraître simplissime à première vue… La première difficulté consiste en tenir en place avec le pot de farine dans les mains alors que le bateau, cognant contre les vagues, a tendance à propulser choses et humains d’un bord à l’autre du voilier ; qui plus est n’est pas droit mais penché. Une fois la pâte pétrie et les ingrédients découpés, arrive le douloureux moment de la cuisson… Car malgré tous les ingénieux arrangements du capitaine pour faire tenir le plat en place dans le four, la houle en décide tout autrement. En fait pour résumer, la moitié des ingrédients a tendance à valser d’un côté de la piteuse tarte (qui ne ressemble plus à rien) quant à l’autre moitié, elle se retrouve dans le four mais plus dans le plat. Qu’importe, on a faim et on ne va pas se laisser démonter (ah ah ah comme cette satanée mer), à nous les aromes de Provence ! On essaye de se caler dans le bateau pour tenir assis, on se sert de la tarte dans de misérables assiettes en plastique creuses, on remet tant bien que mal quelques tomates et bouts de fromage sur la pâte puis on ingurgite ça avec les doigts… top glamour le repas ! A ce moment, on se regarde et on se dit que c’est vraiment la misère : malgré une heure de cuisson la pâte est pratiquement crue. Panne de gaz en pleine mer !
L'enfer de Suva Mouillage devant le port La prison

C’est, fatigués et en pleine nuit que nous sommes arrivés à Suva ; impossible de ralentir le bateau malgré la réduction des voiles. Un peu de stress en raison de la panne de notre sondeur ; d’ailleurs on a failli s’échouer, ne voyant rien de nuit… Le lendemain, nous avons du attendre l’arrivée des officiers de la douane, de l’immigration, de la santé et de l’agriculture à bord avant de pouvoir débarquer. Il a fallu aussi remplir plein de paperasses en plein d’exemplaires ce qui était fastidieux et à nos yeux inutile. Puis nous avons découvert Suva, éblouis, il faut l’avouer, par la société de consommation. Les magasins nous font tourner la tête ; cela faisant presque 3 mois que nous n’avions pas vu de grande ville, cela nous a fait tout drôle. L’abondance mais surtout la diversité de la nourriture nous captive. Il ne faut pas croire que nous avons faim en bateau, non !!!! C’est juste que la diversité et les produits frais nous manquent. Lorsque tu voyages en bateau, tu ne peux pas dire : « il me manque ça, je vais aller le chercher au monoprix ». Par exemple pour notre fille Maya, bien que nous soyons partis avec des dizaines de petits pots ; parfois les protéines manquent. Florent doit donc plonger pour pêcher et il revient avec le déjeuner de notre bébé !
Fiji_010.jpg Suva, ville rigolote

En arrivant aux Fiji, nous avons quitté la Polynésie pour entrer en Mélanésie. Les îles Fiji sont constituées de 330 îles différentes dont deux principales, plus grandes et plus peuplées. Les gens sont très accueillants, gentils et serviables sans rien attendre en retour. Ce pays est assez surprenant par la composition de sa population. Au début du XIXème siècle, énormément d’indiens sont venus travailler au Fiji dans les plantations de canne à sucre. Bosseurs et féconds, ils ont prospérés, à tel point qu’à présent, ils détiennent la vie économique du pays et constituent 45% de la population fidjienne ! Hélas, il y a très peu de métissage entre les indiens et les mélanésiens ; ils vivent en bonne entente mais côte à côte. Ici, on parle anglais, mélanésien et hindi. Temples hindous, mosquées et églises se côtoient dans la tolérance. Il y a « juste » des coups d’états récurrents quand les électeurs ont la mauvaise idée d’élire (démocratiquement) un premier ministre d’origine indienne, des putschistes mélanésiens reprennent alors le pouvoir !
La culture indienne est très présente : de belles indiennes se baladent en sari et de succulents restos indiens se font concurrence. Autre choses surprenante : à Suva, il y a des mendiants dans les rues, ce qui aurait été impensable dans les précédentes îles que nous avons visitées. Car elles font partie de la Polynésie où la mendicité, très mal vue par les polynésiens, y est proscrite.
Fiji_019.jpg Pas d vitre : c'est la clim locale! Fiji_063.jpg

Si nous sommes restés aussi « longtemps » à Suva, c’était pour effectuer quelques réparations et améliorations sur le Mootea. Réparation de notre voile déchirée, remplissage du gaz (c’est mieux pour la tarte provençale), commande de nouveaux matelas, achat d’un nouveau sondeur et d’un groupe électrogène. On en avait marre de manquer d’énergie dans le bateau, nos panneaux solaires étant insuffisants lors des journées peu ensoleillées. On s’est donc offert un beau groupe électrogène mais ça fait un raffut d’enfer !
Nous avons commandé notre sondeur par internet, on était super contents car il est arrivé hyper rapidement de Singapour ; après avoir rempli des dizaines de paperasses à la douane et avoir dû embarquer un officier des douanes sur le bateau pour la réception du paquet (vraie farce !) ; on s’est rendu compte qu’on avait commandé le mauvais modèle. Quelle déception, perte de temps et d’argent ! Malgré le risque, nous avons décidé de naviguer sans sondeur jusqu’en Calédonie…
Cela ne pose pas de problème lorsque l’on navigue sur l’océan car il y a des milliers de mètres de profondeur mais cet instrument est nécessaire dans les archipels bourrés de récifs et autres îlots comme les Fiji. Pour jeter l’ancre quelque part, un sondeur est aussi très utile car l’on doit savoir la profondeur pour calculer le nombre de mètres de chaîne à mettre.

Mama au marché Fruits de mer Vendeur de kava Epices

Nous avons passés la première semaine à Suva, mouillé dans le port de commerce entre nappes de gasoil, bruits de moteur et autres odeurs nauséabondes. C’était le seul endroit où l’on pouvait laisser le bateau et débarquer à terre en passant par le yacht club qui te rackette de 8 dollars par jour juste pour avoir le droit de laisser ton dinghy et jeter tes poubelles. On pourrait aussi y remplir les réservoirs du bateau d’eau… C’est bien ce que nous avions l’intention de faire et c’est en suivant leurs scrupuleuses indications pour nous mettre à quai, que nous nous sommes échoués juste devant le yacht club après avoir percuté une patate de corail ! Quel drôle d’effet quand le bateau stoppe net planté dans la vase ! Malgré le moteur à fond, nous n’arrivions pas à nous sortir de cette mauvaise passe et nous avions beau appeler sur la VHF pour qu’ils viennent nous aider ; personne n’est venu ! Au bout d’une demi heure et on ne sait par quel miracle, on a réussi à faire bouger le Mootea et retourner au mouillage. On était furax et c’est ce qu’on ne s’est pas gêné de leur dire. Ce qui a fini en belle engueulade et pour conclure, ils nous ont dit que si nous n’étions pas contents, nous n’avions qu’à aller mouiller ailleurs. Mais où ? Le seul autre endroit était situé à 5 km de Suva devant un hôtel où nous nous étions déjà renseignés, mais on s’était fait rembarrés sous prétexte que toutes les places étaient prises. Florent et moi étions rouges de colère, inquiets pour la coque du bateau, était-elle endommagée par le choc ? Mais impossible de plonger dans le port pour vérifier, l’eau étant opaque. Nous sommes retournés à l’hôtel aussi sec pour redemander l’autorisation de mouiller devant chez eux. Le hasard nous a fait rencontrer sur le ponton un marin débarquant de son immense et magnifique voilier, nous lui avons demandé qui était le responsable des corps morts (bouées de mouillage où l’on peut attacher le bateau). Il nous a répondu le plus simplement du monde et gentiment : « prenez celle là à gauche » après nous avoir expliqué en détail par où passer après qu’on lui ai dit que notre sondeur était en panne. Mais, mais ? A qui ça appartient ? A qui on doit payer (car ce genre de choses est TOUJOURS payant) ? Réponse : à personne ! Les corps morts appartiennent à mon super copain qui habite la maison (le palais) juste en face avec son ponton privé (pour son voilier de 25 mètres) et ses corps morts réservés à ses amis. Mais ? mais ? Ne vous inquiétez pas, je lui en parlerai, amarrez-vous là, il n’y a pas de problème. On était fous de joie et surtout excités à l’idée de faire un beau bras d’honneur à ces abrutis du « yacht club » (qui s’apparente plus à un bar pour poivrots qu’à autre chose) !

En arrivant dans notre nouveau mouillage, nous avons fait la connaissance de notre nouveau voisin, Don, qui venait de s’amocher la face en tombant de son vélo ; Leïla a pu donc jouer au docteur en collant quelques stéristrips !


A SUIVRE ...

Mouillage Lami Mouillage paradisiaque


Complément sur Suva à l’attention des futurs navigateurs :


Sur les 4 ports d’entrée des Fiji (Suva, Levuka, Lautoka, Savu Savu), il ne faut pas faire Suva en premier car les autorités portuaires en profitent pour racketter en créant toute sorte de taxe comme dans notre cas, les frais de déplacement : 106 dollars ! et en plus ils te font un reçu avec un grand sourire !
On a été fortement déçu par le Yacht Club de Suva qui profite de son monopole pour pratiquer un véritable racket ; tu payes 8 dollars par jour pour ton annexe et déposer tes poubelles, c’est tout ! Il n’y a pas de corps mort et le mouillage est dégueulasse ; la forte odeur de gasoil devient vite insupportable (et je ne parle même pas du bruit) ; pour faire de l’eau, on a suivi les conseils du club et on s’est bien planté car l’entrée de la marina doit se faire impérativement à marée haute, contrairement à ce qu’ils nous ont dit ! On a lancé un appel à la VHF et personne n’est venu, le bateau du yacht club est passé à 10 mètres de nous mais ne s’est pas arrêté car… il pêchait ! Le directeur nous dira par la suite que le yacht club n’est pas un centre d’assistance et précisera que nos 8 dollars ne servent pas qu’à l’annexe mais donne aussi l’accès au bar et au restaurant, payant bien sur…
Pour effectuer des réparations, il ne faut pas s’adresser au yacht club ; le directeur nous a chaudement recommandé Anton (un des piliers du bar) et il s’est bien foutu de notre gueule ; on est donc allé à APM (Asia Pacific Management) dans la zone industrielle de Lami Town, qui nous a réparé notre voile pour moins cher et pour un travail bien fait.
Après notre échouage, on s’est bien fâché avec le directeur qui nous a dit que de toute façon, on avait pas le choix, sinon de débarquer au port de commerce ; et bien si, il existe un autre mouillage à moins de 2 miles au nord-ouest de Suva, devant le Tradewinds Hôtel ; sur la droite, la belle maison avec le superbe ketch de 20 mètres appartient à un richissime Fidjien et la demi douzaine de corps mort devant sa maison sont à lui et c’est gratuit ! Et cerise sur le gâteau : Internet gratuit par le wifi ! Par courtoisie, mieux vaut demander l’autorisation au propriétaire. On débarque facilement par la petite marina devant l’hôtel et on peut faire de l’eau ; ce mouillage est calme et propre et c’est un trou à cyclone.

Guides : A Yachtsman’ Fiji, par Michael Calder et Fiji Islands Yachting (guide officiel) qui donne les procédures d’arrivées et toutes les adresses à terre pour réparer (dispo en annexe ci dessous)


Le  yacht club

dimanche 16 novembre 2008

De Savusavu à Taveuni

Bula !

Non, on ne bulle pas ! Enfin, quant même un peu… « Bula » veut dire « bonjour » en fidjien. Nous sommes arrivés à Savu Savu, charmante ville située au Nord Est des Fiji sur l’île de Vanua Levu, après 24 heures de navigation agréable (comme quoi on peut aussi se faire plaisir en croisière). Il a fallu cependant assurer les quarts de nuit sérieusement en raison de la présence de nombreux cargos dans le coin qui ont la mauvaise manie de frôler le Mootea par curiosité. Il y avait aussi de nombreuses îles et récifs sur le chemin, nous devions donc nous assurer que le bateau (et le pilote automatique) restaient bien sur la trajectoire que l’on avait programmée. Donc chacun notre tour (toutes les 2 heures), on s’est relayé sur le pont pour surveiller notre navigation.
L’est des Fiji est très aride Viani Bay Sur les hauteurs de Savusavu

On était bien contents d’arriver à Savu Savu car c’est une ville tournée vers les bateaux à l’inverse de Suva. Nous avons retrouvés pas mal de voiliers croisés en chemin depuis notre départ de Tahiti et noué de nouvelles amitiés avec d’autres. Hier soir, on s’est fait un barbecue cosmopolite entre italiens, australiens et français. Bon autant avouer que les discussions partaient dans tous les sens et que notre charabia composé de plusieurs langues était loin de ressembler à de l’espéranto ; mais bon c’est toujours sympa. Les amitiés en bateau se nouent très vite (c’est différent de la vie à terre) mais elles se dénouent aussi rapidement.
Nous sommes cependant étonnés de ne pas rencontrer plus de bateaux voyageant avec des enfants en bas âge. Surpris, car nous avions lu pas mal de récits de familles parties autour du monde en voyage et là, nous n’avons croisé que quelques voiliers avec des adolescents et un seul avec des bébés de 2/3 ans.
Mouillage Savusavu Aqualand Viani Bay

Après avoir fait le plein de fruits et légumes à Savu Savu et rempli encore une fois des tonnes de paperasse en 3 exemplaires (pour satisfaire aux exigences des douanes fidjiennes) nous avons mis le cap sur l’île de Taveuni. Mais l’on a eu une très mauvaise surprise : notre pilote automatique est tombé en panne, comme ça, impossible de le mettre en marche. On l’a démonté, inspecté sous toutes les coutures mais rien à faire, il a rendu l’âme. Mauvais coup pour nous… Il nous est impossible de faire de longues navigations sans son aide. Cela nous imposerait de tenir la barre tout le temps (jour et nuit) ; à deux et surtout avec un bébé, cela serait inconcevable. Nous attendons donc un nouveau pilote commandé sur Internet en espérant que ce nouveau modèle s’adaptera à notre barre à roue hydraulique (les voileux comprendront, les autres ne vous tracassez pas, l’explication des différents types de barres n’est pas très excitante). De toutes manières, nous sommes obligés pour l’instant de naviguer sans pilote pour retourner sur l’île principale de Viti Levu où l’on est censé recevoir notre colis. L’on s’arrange pour ne naviguer que de jour, en nous arrêtant de mouillages en mouillages afin d’y passer la nuit, ainsi la navigation est moins pénible. Cela permet aussi de découvrir des baies reculées avec des villages sympas reliés à aucune route. Les fidjiens sont toujours très accueillants et gentils, nous n’avons jamais eu de mauvaise surprise pour l’instant. Et la féroce réputation de cannibales des fidjiens, bien que pas si ancienne que ça (les derniers festins remonteraient à 150 ans) est à remiser dans les manuels d’histoire à présent. Plat cannibale
Lorsque l’on arrive dans un nouveau village, nous devons effectuer le sevu sevu. C’est une coutume qui consiste à offrir au chef du village des racines de Kava qui, pillées puis infusées, donnent une boisson que l’on boit entre amis, voisins et invités selon un rituel bien précis.
spécial quand même... En ce qui nous concerne nous n’apprécions pas trop le goût et l’aspect boueux de cette décoction mais, consommée en grande quantité, elle est enivrante et relaxante.
Préparation du kava Le kava chez les pécheurs Body et sa fille Sina
Il y aurait beaucoup de choses à raconter sur les coutumes de cet immense pays… Saviez-vous par exemple, qu’il est très impoli de toucher la tête de quelqu’un ici ? C’est absolument tabou. Evidemment, Florent, n’a pas eu de meilleure idée que de donner une petite tape sur le visage d’un « notable » d’un village, au cours d’une fête pour son anniversaire, afin d’écraser un moustique ! Notre hôte en est resté médusé de stupéfaction. Il a fallu se confondre en excuses pendant un bon bout de temps, ils ont vraiment du se dire que ces étrangers n’avaient définitivement aucune éducation
Cérémonie du kava au village Vuya Cérémonie du kava au village Vuya Les femmes d'un coté ! Le kava Cérémonie du kava au village Vuya

Notre dernière étape dans un village a été fantastique. Nous avons rencontré plein de gens très chaleureux, pas du tout habitués à côtoyer des étrangers. Nous avons eu droit à une cérémonie très officielle pour le sevu sevu avec discours solennel du chef devant tout le village. Nous avons assisté à une sorte de kermesse organisée par l’église pour récolter des fonds. Il faut s’imaginer une église vidée de ses bancs, la vierge Marie religuée dans un coin, la sono à fond avec de la musique rythmée (pas des cantiques à la gloire de Jésus), des bassines de Kava partout et des villageois qui dansent avec liesse. Ils ont fait la fête jusqu’à une heure du matin et pas mal étaient « saoulés » le lendemain par le kava. Voilà comment ils ont fêté l’assomption !
Kermesse de l'école Fiji_123.jpg Le kava... Fiji_117.jpg Fiji_130.jpg Fiji_131.jpg

Mais derrière toute cette hospitalité et gentillesse, nous demeurons interpellés par leur pauvreté. Ils vivent dans un grand dénuement et les enfants sont malades : galeux, morveux, crachoteux, toussoteux mais si attachants. Evidemment, tout le monde s’arrache Maya. Nous sommes parfois hésitants : faut-il la laisser de bras en bras au risque d’attraper la gale ou autre pneumonie ? C’est difficile lorsque tu veux vraiment aller à la rencontre des gens de mettre une barrière physique avec eux, de leur refuser de prendre Maya dans leurs bras ou de lui faire des bisous. Dans ce village, nous avons rencontré un gars d’une vingtaine d’années qui était en train de mourir d’une cellulite maxillo-faciale à point de départ dentaire dans l’indifférence générale.
On a eu du mal à comprendre leur mentalité fataliste, attentiste, confiant dans leur médecine traditionnelle. Mais l’état de ce jeune homme empirait depuis 13 jours, il était monstrueux à voir et ils ne le conduisaient pas à l’hôpital situé à 10 km du village… On n’y est pas allée avec des pincettes pour l’annonce du pronostic : on lui a dit qu’il allait mourir ! Résultat : l’inertie générale s’est mise en branle et notre patient est depuis 20 jours sous pénicilline IV à l’hosto !


A SUIVRE ...

Le départ de Vuya Fiji_200.jpg

vendredi 14 novembre 2008

Lautoka et la black snow

Nous aurions aimé rester plus longtemps dans ce village mais nous devions rejoindre la « civilisation » à la rencontre de DHL livrant nos précieux sondeur et pilote automatique.
Route vers Lautoka Mouillage vers Lautoka Nous sommes arrivés à Lautoka la deuxième ville des Fiji, ville sucrière… Quelle surprise au matin de constater plein de particules noires (de la suie) sur notre bateau, les voiles, dans nos trous de nez, partout !!! Cette « neige noire » s’échappe de l’usine à sucre située juste devant le mouillage officiel où l’on est obligé de s’arrêter pour remplir en trois exemplaires la paperasse identique depuis notre arrivée aux Fiji ! On commence à s’habituer à leur bureaucratie kafkaïenne et absurde. Lautoka, la ville du sucre La canne à sucre une montagne de canne à sucre ! Le train de la canne à sucre Transport de la canne par train !


A quelques miles à l’ouest de Lautoka se trouve un super mouillage avec une belle plage de sable fin : Saweni Bay. Ce sera notre dernier beau mouillage car plus à l’ouest commence la partie très touristique des Fiji, jusqu’au îles Yasawa. Nous n’avons pas aimé ce coté là des Fiji et tout particulièrement le mouillage à Port Denarau et à Malolo. Mouillage Saweni bay
Lorsque nous sommes arrivés à Port Denarau, nous nous sommes demandés si nous étions toujours aux Fiji ! Nous avons atteint la côte super touristique des Fiji et cela nous déplait au plus haut point. C’est une sorte de presqu’île privée avec gardien à l’entrée, caméras de surveillance, tout est trop clean et des flots de bus déversent à longueur de journée des touristes débarquant de leur avion. Cet endroit nous choque car il y a une semaine nous vivions dans un village paumé de pêcheurs, où les gens vivent très pauvrement. Le contraste est trop violent pour nous et il nous tarde de pouvoir nous échapper d’ici. Nous ne voyageons pas pour fréquenter ce genre d’endroit. De plus, paradoxalement, c’est ici que Maya a attrapé sa diarrhée bactérienne ; et pas dans le petit village paumé aux conditions d’hygiène déplorable…


Pratique le bus Notre séjour aux Fiji touche à sa fin. Nous avons été bien échaudés par la convalescence de Maya, nous avons donc décidé de ne pas aller au Vanuatu cette fois-ci en raison du risque de paludisme. Il nous est impossible de trouver la chimioprophylaxie recommandée et l’on ne veut pas tenter le diable. Nous mettons donc le cap vers la Calédonie. Nous ferons le voyage vers le Vanuatu, les îles Salomon et la Papouasie Nouvelle Guinée, l’année prochaine après avoir retravaillé.
Maya sera plus grande (donc plus résistante) et on aura les médicaments anti-palu adéquats.

Nous avons passé deux mois aux Fiji mais nous n’avons pu explorer qu’une infime partie de ce territoire vierge et immense. Il faudrait passer au moins un an ici pour découvrir tous les coins et encore on ne parle que de la côte car l’intérieur du pays a aussi beaucoup à offrir (belles montagnes, cascades, forêts…). Nous sommes extrêmement surpris par les bateaux de passage aux Fiji qui ne vont que de marinas en marinas alors que ces îles ont tant de mouillages sauvages à découvrir et de gens vraiment chaleureux à rencontrer.
Nous avons aussi été déçus, il faut l’avouer, par les marins que nous avons rencontrés. Hormis quelques bateaux avec des équipages très sympathiques (qui se reconnaîtront), nous avons côtoyés pas mal de gens bizarres, paumés, profiteurs ou égoïstes (n’aidant pas un autre voilier naufragé par exemple). L’on ne s’attendait pas à ça mais peut être, est ce nous qui sommes bizarres ?
Mouillage Malolo Nous quittons le Mouillage de Malolo pour l’île de Lifou qui est un port d’entrée officiel de la Nouvelle-Calédonie ; la mer est belle, le vent de sud-est est parfait pour cette navigation et notre nouveau pilote assure. Tout va bien ; mais il faudra revenir un jour aux Fiji, un petit gout de trop peu …
Départ des fiji...

lundi 10 novembre 2008

Nouméa et la Calédonie

Bozu,

Il nous aura fallu 6 jours de navigation pour atteindre la Nouvelle Calédonie mais dans quelles conditions ! Nous avons du subir 2 jours de pétole, puis les alizés sont revenus, tellement soutenus que notre grande voile s’est déchirée, enfin pour couronner le tout, notre pilote automatique tout beau, tout neuf, tout rutilant est tombé en panne au bout de 4 jours de mise en service ! Nous avons dû tenir la barre durant deux jours et nous étions épuisés. Car outre le fait de piloter le bateau dans la bonne direction, il faut s’occuper de Maya, faire à manger, la vaisselle, etc… De plus, la nuit, au lieu de dormir, il nous fallait continuer à barrer. La moitié du temps, nous avons laissé le bateau avancer tout seul, les voiles étant bien réglées, le vent de travers, notre voilier était bien équilibré. La grande voile s’étant déchiré au niveau de sa partie inférieure, nous avons pris 1 ris et ainsi l’on pouvait continuer à l’utiliser.
Par contre, laisser le bateau naviguer « tout seul » ne permet plus de choisir un cap précis. Que de changements de destination dans nos têtes ! Epuisés, il nous fallait nous arrêter au plus près. L’île la plus proche était Anatom, appartenant au Vanuatu, le problème est que nous l’avons abordé de nuit et nous n’avons pas voulu prendre le risque d’accoster. Nous avons donc poursuivi notre route vers la Calédonie essayant de mettre le cap vers Lifou, qui est un port officiel d’entrée en Calédonie. Hélas, le Mootea ne l’entendait pas de cette manière et il se dirigeait plus au sud. Nous avons repris la barre et mis le cap sur Maré, autre île de l’archipel des loyautés, c’était notre seule solution bien qu’accoster sur cette île soit interdit puisque ce n’est pas un port officiel. Quel bonheur en pleine nuit de sentir tout à coup l’odeur de la terre ! Arrivés à 5 heures du matin après deux nuits blanches, nous avons jeté l’ancre et dormi… une heure avant que notre bébé ne se réveille, en pleine forme elle ! Nous sommes allés voir les gendarmes pour leur expliquer notre situation et ils ont été gentils et très compréhensifs ; ça changeait de la morgue patibulaire des douaniers fidjiens.

Nous sommes restés 3 jours sur Maré afin de nous reposer. Plusieurs choses nous ont étonnés. Tout d’abord, l’on a du mal à s’imaginer en France. Il n’y a pratiquement aucun blanc ici et l’on n’a vu aucun métisse. Cette île ne diffère pas beaucoup des îles que l’on a croisé en chemin, aussi pauvre, aussi peu d’infrastructures, des gens habillés à la « locale » et qui entre eux ne parlent jamais le français. On a trouvé les kanaks très gentils mais pas du tout curieux de qui l’on était ou d’où l’on venait. Pour notre plus grand soulagement et peut être le sien, on ne nous arrache plus Maya à tout bout de champ. Les kanaks que nous avons rencontrés sont très fiers d’être originaires de Maré et chacun revendique très fortement l’appartenance à sa tribu. Aucun ne voudrait aller vivre à Nouméa. Autre particularité, le tutoiement n’est pas de rigueur et il nous faut faire de gros efforts pour se remettre à utiliser le « vous ». Car pour ceux qui ne le savent pas, en Polynésie tout le monde se tutoie. On tutoie son banquier, son médecin ou n’importe qui dans l’administration.
Et puis, ici il fait froid. Peut être les métropolitains rigoleront mais pour nous 22° le jour et 15° la nuit, c’est horrible !
Arrivée à Nouméa Arrivée à Nouméa

Après notre repos, nous avons remis les voiles direction Nouméa sur la grande terre. Il nous fallait impérativement arriver à l’étale pour franchir la passe d’où cette navigation de nuit obligatoire. Le franchissement de la passe a été un peu sportif car il y avait un courant sortant de 3 nœuds et de sacrés remous qui déséquilibraient le Mootea. Mais en définitif, nous sommes arrivés « sains et saufs » à Nouméa.

Mouillage port Moselle Port Moselle

La Calédonie, on aime ou on n’aime pas et dans notre cas, arrivant de Tahiti après 6 mois de navigation dans des îles paumées, on n’a pas aimé ! Nouméa est une ville du sud de la France comme Cannes où tout est réglementé, interdit ou payant. Le mouillage en bateau devant la capitale est facile mais la zone est truffée de corps mort privée et dès que le vent tourne, il faut sans cesse remouiller pour ne pas léviter sur une bouée ou un bateau. Le débarquement en annexe pose problème car tous les accès sont interdits ou payants ; le contrat annexe est à 80 euros/mois.
Mouillage devant port Moselle : on peut laisser l’annexe devant le marché (mais pas la nuit)
Mouillage baie de l’Orphelinat : le seul endroit pour débarquer est sur la digue.
Pour faire de l’eau : ce n’est pas possible, même en faisant du gasoil, il faut payer.

Le phare Amédée, à 12 milles seulement de Nouméa : Le fameux phare ... Le phare Vue imprenable du phare

Mais si nous n’avons pas aimé Nouméa, on a aimé la Calédonie. A 5 miles seulement de la capitale, le dépaysement est garanti. Le premier îlot désert est l’île aux Goélands mais si vous poussez un peu plus loin, le phare Amédée est fantastique, et juste derrière, c’est la grande barrière de corail ; un peu plus à l’Est se trouve la belle île des Pins avec son eau cristalline ; en poursuivant plus au Nord, il y a les îles Loyautés et bien d’autres îles à quelques jours de navigation seulement. Pas de doute, la Calédonie est un pays à bateaux.
paradisiaque, non ? Mouillage tranquille ! de l'eau cristalline oui, mais froide !

A suivre…

dimanche 09 novembre 2008

Les marinas et abris en Calédonie

 

J’ai regroupé quelques informations qui peuvent être intéressantes : les marinas, les abris et comment rester en Calédonie avec son bateau.

Les marinas de Nouméa sont toutes complètes mais on peut trouver de la place pour des bateaux inférieur à 11 mètres ou en louant une place directement à un propriétaire. Pour les gros bateaux, c’est assez difficile (voir impossible pour les catas) mais il y a des projets d’extensions pour les 2 principales marinas (port Moselle et port du Sud). Ces 2 marinas ont des ‘pontons visiteurs’ qui deviennent ‘pontons résidents’ pendant la période cyclonique (décembre à mars) – en tant que visiteur, on trouve de la place si la période n’excède pas 1 mois ; il est donc possible de jongler entre ces 2 marinas.

          

                       

Marina proche Nouméa :

>   Port Moselle (27.71.97) :

Relativement bien protégé, elle est hyper gardée par vigils et caméras. Elle est pratique car elle est au cœur de Nouméa et donc des commerces mais aussi de la sortie des égouts… NB : le tarif est calculé sur la longueur hors tout du bateau.

>   Port du sud (24.47.77) :

Mal protégé par vent d’ouest mais très sympa – Plus de nouvelle vie à bord à l’année acceptée car le seuil autorisé de 80 bateaux habités est largement dépassé (120 actuellement !)

>   Brunelet (24.96.00) :

Très bien protégé  – vie à bord interdite

>   Sunset (Sunset immobilier) :

Bien protégé – vie à bord interdite

>   CNC (Club Nautique Calédonien) (26.27.27) :

Très bien protégé (sans doute la meilleure) mais réservé aux membres, en fonction de leur ancienneté et suivant l’ordre de la liste d’attente.

>   Marina de Boulari (43.99.80) :

Pour bateau de moins de 10 mètres de long et de haut ! (à cause d’un câble aérien)

 

Autres marina, loin de Nouméa :

-         Baie de Ouenghi, à Bouloparis (44.55.22) marina privé, tirant d’eau inférieur à 1M80

-         Marina de Pandop à Koumac (42.56.78)

-         Marina de Hienghene (42.43.57)

-         Marina de Touho (42.88.07)

-         Marina de We, à Lifou, île Loyauté(45.10.62)

 

 

Abris et trous à cyclones vers Nouméa :

-         Baie du carénage dans la baie du Prony (excellent trou à cyclone mais trop de bateau en cas d’alerte)

-         Baie Ire, canal Woodin

-         Baie de Saint-Vincent

     -   Baie de Dumbéa : apparemment, c’est bourré de patates dans le fond de la baie mais c’est abrité près des chantiers.

 

 

Autres abris et trous à cyclones :

-         Baie de Bourail

-         Baie de Canala

-         Baie de Kouaoua

-         Nepoui

-         Ouinne

-         Port Bouquet

-         Port de Koumac

-         Port Laguerre

-         Port de Touho

-         Ile des Pins, baie de Ugo (Tirant d’eau inférieur à 1M80)

 

 

 

 

 

Comment rester en Calédonie :

Tous les bateaux arrivant en Nouvelle Calédonie peuvent rester 1 an, ils sont en IFT (Importation en Franchise Temporaire) – pendant cette période, le propriétaire n’a pas le droit de travailler et de vendre son bateau. Après ce délai, il faut :

          1. : Partir,  2. : Nouméatiser ou  3. : Déménager…

 

1. Partir : c’est facile, tout droit en sortant de la passe de Havannah.

 

2. La nouméatisation : c’est 17% de la valeur vénale du bateau construit en CEE (27% si hors). Il y a un accord entre Tahiti et Nouméa donc si le bateau est Papeetisé, tu payes un ‘réajustement’ (mais comme tout le monde a magouillé pour cette taxe, cela revient quasiment à payer le taux normal), mais c’est toujours ça d’économisé donc il faut avoir le document ‘D3’ (dédouanement pour la consommation).

En cas de vente, le bateau doit être en TTC et c’est le vendeur qui paye les taxes, donc pas moyen de ‘s’arranger’ avec l’acheteur comme en Polynésie.

 

3. Le Déménagement : Il est possible d’importer son bateau sans payer aucune taxe dans une période de 5 ans. Pour cela, il faut posséder son bateau depuis plus de 18 mois et ne pas le revendre pendant ces 5 ans. Après cette période, tu fais ce que tu veux.

 

 

  

 

 

 

samedi 01 novembre 2008

Wallis, l'île . . . net d'impôt !

Wallis-et-Futuna est un territoire français d’outre-mer situé dans le pacifique sud. On y distingue 2 archipels : Wallis (appelé Uvéa par les insulaires), et les îles de Futuna et Alofi (Sigave et Alo).

En voilier, Wallis est un véritable petit paradis du temps de Moitessier …

 

 

Cette île est peu fréquentée par les navigateur ; c’est pourtant une bonne escale d’autant plus qu’il y a rarement de cyclone, que l’on peut y séjourner longtemps, que la santé est gratuite à l’hôpital de Mata’utu et que le garde-manger poissonneux est conséquent et surtout exempt de ciguatera ! C’est d’ailleurs assez surprenant vu que les wallisiens ont longtemps péchés à la dynamite…

Dernier intérêt de Wallis : il est possible de remplacer dans le milieu médical et de renflouer la caisse de bord très rapidement.

 

 

Il existe un radioguidage  à Wallis ; c’est Michel que l’on peut contacter sur le canal 9 de la VHF. Michel est un radioamateur installé depuis 20 ans sur les hauteurs du mont Atalika (dans le sud) et il se fera un plaisir de vous donner tous les bons tuyaux de l’île.

 

La passe Honikulu est sans danger mais mieux vaut la franchir avec une bonne visibilité et à l’étale, surtout lorsque la mer est mauvaise. Le lagon nord-est de l’île est difficilement navigable avec un quillard.

Le meilleur mouillage est celui de Gahi (Anse Lifuka) qui a l’énorme avantage d’être protégé des coups de vents d’ouest, assez fréquent en été.

Il existe d’autre mouillage plus au sud, devant Halolo où l’on peut débarquer le long du terminal pétrolier (et faire de l'eau en demandant l'autorisation), ou devant la mission catholique de Mala’etoli (Attention, ce mouillage est dans une sorte de cuvette : les quillards devront attendre la marée haute pour y entrer) – accès à terre facile par la petite marina ‘Christophe’ (privée).

Enfin, il reste le mouillage devant Mata’utu (près de l’îlot Fugalei) où le seul point de débarquement à terre est le quai des cargos. Ce mouillage est pratique pour les formalités d’entrées mais il reste exposé aux alizés de sud-est (avril à novembre).

Mouillage dans la baie de Gahi

Contrairement à ce que l’on pense, le nord de l’île est navigable et l’on peut remonter jusqu’à l’île de Nukuloa. La passe Fuga’Uvea est praticable ; elle donne accès à la Baie de l’Ouest où l’on peut mouiller devant la chapelle du Sacré-cœur d’Aloa ; on peut y faire de l’eau en petite quantité et le cratère Lalolalo est à une demi-heure à pied.


Il y a une quinzaine d’îlots paradisiaque très alléchants tout autour de l’île ; le meilleur spot pour la chasse est dans la passe d’Honikulu et au sud de l’îlot Nukuatea.

 

 

Après, ça se complique … car LE gros problème de Wallis, c’est quand même le débarquement à terre.

Si rien ne parait à marée haute, à marée basse la mer se retire très loin, parfois à plus d’un kilomètre, laissant apparaître un paysage vaseux et assez odorant. Il faut donc calculer en permanence le mouvement des marées ou repérer les rares endroits où laisser son annexe en toute sécurité, souvent les quais de débarquement, au risque de se retrouver à sec.

 

 

 

Une fois à terre, c’est quand même ce que l’on recherchait depuis longtemps : une île qui n’a pas encore été pourrie par la civilisation. Wallis fait 77km², c’est grand pour une population de 9000 habitants. L’île n’est pas très haute ; le point culminant est à 151 mètres, il y a une demi douzaine de cratère qui forme des lacs, la végétation est dense avec beaucoup d’arbres fruitiers et il y a un nombre hallucinant d’église tout aussi jolie les unes des autres, c’est très beau mais le bord des routes est couvert de cannette, en grande partie de la Foster’s…

 

 

Ici, c’est un peu comme la Polynésie d’antan : la présence française est discrète, il y a un roi avec des coutumes plus fortes que les lois métropolitaines, tout le monde se tutoie et se dit bonjour naturellement, il n’y a qu’une chaîne de télé, les motards roulent sans casque, on ne met pas la ceinture de sécurité, l’assurance n’est pas obligatoire, les gendarmes te laissent tranquille et on se demande pourquoi ils sont là ; ici, tout est possible, tout reste à faire : on se sent libre.

 

 

 

Wallis est la dernière royauté de France ! Le système de chefferies (le droit coutumier local) et l’église se partagent le pouvoir ; un troisième pouvoir, celui de la France, essaye de s’imposer et de protéger la poignée de français présente sur le territoire : les ‘papalagi’ (on prononce ‘papalani’).

Le roi de Wallis (le Lavelua) veille sur la coutume. Tout comme ses souverains, il est rémunéré par la France (et royalement bien payé !) ; cette petite aristocratie locale profite des subventions colossales de la France et bloque toute possibilité de développement afin de conserver la part de ce gros gâteau.

Wallis appartient aux Wallisiens et personne d’autre ne peut posséder des terres ; même un français marié à une Wallisienne n’est pas propriétaire de sa terre et de sa maison ; les terres sont incessibles et leurs droits d’usages sont accordés aux chefs de familles.

Mais Wallis profite aussi aux fonctionnaires métropolitains, les mieux payés du monde (et net d’impôts !), et aussi à des sociétés fictives (société écran) ; enfin, Wallis est le spécialiste des pavillons de complaisance pour la simple et bonne raison que si les taxes douanières sont quasi-identiques à celles de la Calédonie (20%), elles sont plafonnées à 16.760 euros, même pour les paquebots !!!

 

 

Il y a une chose à voir absolument sur l’île : le cratère Lalolalo ; c’est le plus grand et le plus accessible car le site est entretenu. Le cratère a un diamètre de 400 mètres et il est profond d’au moins 50 mètres ; un chemin taillé dans la falaise permet d’accéder au fond. C’était un endroit sacré jusqu’à l’arrivé des américains qui l’ont utilisé comme poubelle avant de partir ; en plus des anguilles, on y trouve des chars, des jeeps et tout ce qui pouvait couler.

Cet endroit est fantastique et magique ; c’est le cœur de l’île, l’organe vital : le vao tapu qui donne toute la vitalité et la fertilité à l’île. La forêt est préservée et on y trouve les meilleurs arbres qui servaient à la construction de maisons et de pirogues pour les chefs des villages : les aliki.

Il règne une atmosphère spéciale à Lalolalo, un calme absolu, une sérénité étrange vous envahie, on ressent comme une présence, celle des ancêtres peut-être, et si on est pressé de partir, c’est uniquement à cause des moustiques, les seuls gardiens de ce site extraordinaire.

 

Le cratère Lalolalo

 

Tout le sable de Wallis a été utilisé pour la construction ; il ne reste qu’une plage : celle de la pointe Matala’a dont l’accès depuis la terre se fait juste après la station RFO. Toutes les autres plages de sable sont dans les îlots ; sur la quinzaine existant, seulement la moitié est intéressante car situé sur la barrière de corail ; ils sont entretenus et des fale  (maison traditionnelle en feuille de pandanus) ont été construites pour y manger et dormir. Pas facile de mouiller à proximité de ces îlots avec un fort tirant d’eau mais l’intérêt de Wallis est là, tout proche du récif.

 

Mouillage dans le lagon sud

 

Au nord : l’île aux oiseaux (motu Nukufotu) est restée sauvage et offre un joli point de vue de ses 50 mètres de haut.

A l’est, le motu Nukuhione regroupe tout ce que l’on recherche d’une île : l’endroit est propre et entretenu, on y trouve plusieurs fale, un puits d’eau douce, un accès direct à la barrière, de belles plages de sable et de quoi à faire un barbecue ; enfin, il existe à proximité de ce motu 2 grandes fosses dans le lagon aux eaux bleu outremer : le trou de diable au nord et le trou de la tortue au sud ; cette dernière est plus petite mais plus intéressante car la faune y est extrêmement riche.

Au sud : la passe Honikulu est très poissonneuse et la belle île Faioa est la favorite des papalagi.

A l’ouest, pas de motu mais 3 petites passes à faire impérativement lorsque la mer est calme ;  Avatolu et Fatumanini sont des paradis du PMT et Fuga’uvea de la plongée en bouteille.

 

  

 

La vie à Wallis est rythmée par la messe quotidienne de 5 heures (du matin !), par les week-ends bien arrosés et souvent meurtriers, et par les nombreuses festivités où cochons et kava sont à l’honneur.

Le cochon est un animal sacré, même la couverture de l'annuaire 2009 lui rend hommage ; on en compte 18.000 sur l’île de Wallis soit 2 fois plus que d’habitants, ce qui génère une pollution importante ; toutes les familles ont un élevage de cochons dans leur jardin, c’est traditionnelle et culturelle ; lors d’un mariage, d’une cérémonie religieuse ou d’une fête, les cochons sont bourrés de tronc de bananiers et cuits au feu de bois ; la cérémonie du kava royal est ouverte au public ; sa préparation se fait toujours en présence du roi et c’est à voir impérativement !

 

 

Si il y a une cérémonie coutumière à ne pas manquer, c’est bien celle du 15 août car elle représente bien l’importance de la religion et de la tradition à Wallis. Des centaines de cochons sont présentés couchés sur le dos et accompagnés d’ignames ; ces offrandes sont par la suite redistribuées par le crieur à chaque famille ; tout le monde repart donc avec un cochon préparé pour la cuisson mais non cuit et c’est bien là le problème car la cérémonie durant toute la matinée, les cochons ne sont plus tout à fait frais et certain papalagi s’en débarrasse à la décharge ; quel gaspillage lorsque l’on connaît le prix du kilo : 1000Fcp …

 

 

Il est temps pour nous de quitter Wallis ; 3 mois ce sont écoulés et si nous avons aimé Wallis, si nous avons aimé la gentillesse des Wallisiens, nous avons été déçu par le fait qu’ils ne partagent quasiment pas leur tradition et leur culture. Mais notre plus grande déception restera les ‘papalagi’ qui ne sont la que pour l’argent. Avec les primes, le salaire des enseignants peut atteindre les 18.000 euros par mois (et net d’impôt !) et plutôt que de profiter de cette expérience extraordinaire, de cette chance unique de découvrir un nouveau pays, ils restent entre eux, se plaignent continuellement et profite de toi dans l’unique but de faire un tour en voilier … gratos ! Ils ont complètement perdu la notion de l’argent et ne réalise plus ce que représente la somme d’un mois de leur salaire, à savoir : une année de caisse de bord pour nous, c’est énorme ! 

 

    

 

En annexe : Où plonger à Wallis ? plus de 25 sites référencés.

vendredi 24 octobre 2008

Le Mootea, un ketch de voyage unique !

 

 

 

Le Mootea, anciennement ‘Roscop’ a été construit par un chantier Belge en 1977 ; c’est un ketch de grande croisière, c'est-à-dire très robuste dont tout a été surdimensionné. En grande navigation il est confortable et rassurant ; au mouillage sa grande autonomie d'eau, son intérieur chaleureux et son bon mouillage rendent les escales agréables et sécurisantes.   

 

Visite guidée du Mootea :

Le Mootea est en polyester (sandwich AIREX) ; l’épaisseur du pont et de la coque est de 4cm au minimum (9cm dans les fonds) ; l’isolation thermique et sonore est très bonne. Le gréement est bien dimensionné, les voiles sont en bon état et la manœuvre en solitaire ne pose pas de problèmes.

Le cockpit central dégage une plateforme arrière conviviale où est aménagée une table d’un mètre carré, des bancs en teck et un barbecue à poste ; un grand coffre de rangement permet de stocker le mouillage supplémentaire, les aussières, les jerrycans, etc…

L’avantage du cockpit central est de rendre la navigation douce ; on y trouve tous les instruments de navigation nécessaires ainsi qu’un grand coffre permettant de ranger 2 bouteilles de gaz au format européen.

A l’avant, une grande soute à voile permet de stocker les voiles de gros temps, les gilets de sauvetage, le régulateur d’allure, et bien d’autres choses.

 

La descente principale donne accès au carré avec devant une grande table pouvant accueillir 8 ou 9 personnes ; on y trouve des placards et de nombreux coffres de rangement. A gauche se trouve la cuisine en L avec un réfrigérateur DANFOSS d’une capacité de 80 litres, une gazinière de marque ENO (neuve), un évier inox deux bacs avec eau douce sous pression et de nombreux rangements ; juste après se trouve la salle des machines avec un accès très large au moteur et un établi qui permet de bricoler aisément.

Sur la droite de la descente se trouve une grande table à carte (0M80x1M30) avec de nombreux rangements, notamment pour les cartes. Toujours en continuant sur la droite se trouve la coursive avec 2 vraies couchettes, puis la salle de bain avec toilettes séparés sur la gauche, baignoire sur la droite (équipée d’un chauffe-eau à gaz), ainsi qu’un deuxième accès extérieur.

Enfin,  tout l’arrière du bateau est occupé par 2 cabines doubles dont la cloison mitoyenne est amovible, ce qui en fait une énorme cabine propriétaire ; ces 2 cabines sont équipées chacune d’un lavabo et de placards.

 

 

   

 

CARACTERISTIQUES :

Longueur : 14 mètres (14,98 mètres H.T.) - Poids : 20 Tonnes - tirant d’eau 2 mètres – gréement ketch - cockpit central - Coque en polyester (sandwich AIREX) - Moteur FORD 100CV - Barre à roue hydraulique – Construit en Belgique en 1977 - Immatriculé à Papeete en 1981 - Capacité d’eau : 1000 litres - Capacité de gasoil : 800 litres

Annexe semi-rigide ZODIAC 2,75M - moteur Evinrude 9,9CV + moteur Mariner 5CV

Kayak Rotopol 1 place – vélo inox pliable

 

APPAREILS DE NAVIGATION :

Régulateur d’allure ARIES - Pilote RAYMARINE S1 WHEEL MKII - Radio VHF fixe ICM55 - Radio VHF portable ‘APELCO’ - Emetteur-Récepteur BLU ‘KENWOOD’ TKM707 - Récepteur BLU radio standing 400 - GPS GARMIN 40 - GPS MAP GARMIN 172C (avec cartes électroniques du pacifique) - Cartes papier : toute la Polynésie, Pacifique Ouest et Hawaï - Loch - Sondeur - Anémomètre NAVMAN - Compas de route OLYMPIC 135

 

COQUE :

Coque en sandwich AIREX polyester - Quille semi longue - Pont avec revêtement stratifié en polyester et antidérapant, anciennement latté en teck.

Carénage tous les 3 ans grâce à un antifouling érodable de marque. Dernier carénage : Février 2007

 

AMENAGEMENT :

Soute à voile et puits à chaîne - Carré avec banquettes équipées 2 couchettes - grande table à cartes, cuisine équipée, four, gazinière, frigidaire 24V DANFOSS, eau douce sous pression - salle moteur, moteur central - cabines en coursives 2 couchettes superposées - Salle de bain, baignoire, chauffe eau - WC marine séparé - Cabine de l’armateur avec 2 couchettes doubles.

4 batteries ‘servitude’ 12V Delco Freedom Marine au gel 105A/H - 4 panneaux solaires - Convertisseur 24V/220V - Sono – Barbecue inox GM - Grand taud de mouillage

 

MOTEUR AUXILIAIRE :

Moteur FORD 2700 / 6 cylindres 100CV (3000 heures) - 2 batteries ‘démarrage’ 12V Delco Freedom 102A/H - Electricité avec protection sur tableaux, disjoncteurs thermiques sur les circuits

 

GREEMENT :

Mât de 15,20 mètres - Reprise des fixations sur la coque avec contre-plaques - Mât d’artimon de 12,30 mètres

Enrouleur à génois PROFURL - Grande voile lattée - Voile d’artimon à lattes – Tourmentin - foc gros temps - Tangon

2 Winches grands LEWMAR 3 vitesses - 2 Petits winches de mât et bôme - 6 Winches de manœuvre

 

SECURITE :

Guindeau électrique LOFRANS FALCON 1500W – chaîne diamètre 12

Mouillage principal : 1 ligne de 50 mètres chaîne D.12 + 20 mètres Câblot D.25 et ancre BUGEL 30Kg - Mouillage de secours : 1 ligne de 40 mètres chaîne D.12 + 65 mètres Câblot D.30 et ancre CQR de 24Kg

Ancre supplémentaire : CQR 26Kg+chaîne

Survie classe II, 6 places en container – projecteur 24V – Perche IOR - Bouées ‘fer à cheval’ - pompes de cale - 4 extincteurs - 1 alarme gaz - Matériel de sécurité obligatoire à jour.

 

 

Le carré

 

 

oui, oui, c'est bien une baignoire !

 

 

Cabine arrière

 

 

Un espace convivial...

 

 

La bête au sec avant...

 

et après !

 

Le Bonheur est dans le lagon !

 

Vue de notre hélico privé ...

 

Je crois que c'est à Bora Bora

 

Sous voile à Moorea

 

Pétole en pleine mer

 

 

 

Clip Mootea : cliquez ICI

 

mercredi 22 octobre 2008

L'équipage du Mootea

 

   Il fallait bien que l’on se présente !

 

 

 

Maya : c’est notre fille, elle est née en octobre 2007 et elle n’a pas connue autre chose que le bateau. Elle a un sens de l’équilibre important et elle est très prudente dans ses déplacements car elle sait que le sol peut parfois bouger. Elle n’a quasiment jamais été malade en mer. En navigation, elle sait lorsque ses parents sont inquiets et elle attend patiemment que tout se calme. Ses parents sont fous d’elle ; elle est l’élément le plus important et le plus précieux du bateau, bateau compris !

 

 

 

Leïla, c’est l’équipière de choc que tout le monde aimerait avoir à son bord. Elle est née en 1973 en Algérie, ancienne aventurière de la marche à pied, de la Diagonale des fous à la Réunion jusqu’au sommet du Kilimandjaro, elle a trouvé dans la voile un moyen d’explorer le monde autrement et en déplaçant sa maison, sa fille et son homme. Leïla est médecin, elle veille sur la bonne santé de l’équipage et aux escales elle renfloue la caisse de bord, qui fuie…

 

 

 

 

 

Florent, il répare la caisse de bord qui fuie. Il est né en 1969 à Toulouse, ce qui ne l’empêche pas d’être passionné de voile depuis plus de 20 ans. Dans la vie, il était gestionnaire de stock pour des grosses boites avant de démissionner à 38 ans pour se consacrer exclusivement à sa passion et voyager. A présent, c’est le capitaine, il gère le bon fonctionnement du Mootea et de sa petite famille.

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Nos projets pour 2009 : repartir en bateau, ne pas s’arrêter, continuer à naviguer sur le bleu sauvage, explorer des nouvelles terres, rencontrer des gens, partager notre passion, profiter de cette vie, prendre le temps, découvrir ses limites, aller de l’avant, avoir se sentiment intense de liberté absolue sans contrainte et sans obstacle en savourant à chaque instant notre propre existence.

 

 

 

 

 

         « Dans tous les pays du monde, le sourire parle la même langue »

                                                                      Proverbe indien

 

 

vendredi 17 octobre 2008

La Polynésie, une piscine grande comme l'europe...

 

De toutes les îles du Pacifique, la Polynésie reste notre préférée car elle regroupe une subtile combinaison de découverte, de nature et de culture qui nous a émerveillé durant ces 10 années passées au fenua (pays), et si la terre est ronde, nous y reviendrons car la vie à la Polynésienne nous convient parfaitement.  

 

Beaucoup critique la Polynésie, les ‘farani’ (les français) fraîchement arrivés sous contrat sur le territoire se plaignent souvent du prix des produits et des services, des rues sales de la capitale, de la rareté des plages, de la chaleur et de l’humidité étouffante, de leur ennui le week-end, de l’éloignement de tout, etc… toujours à se plaindre, toujours à critiquer, jamais content ceux là. Et pourtant ……………….. 

Hé pai ! faut sortir de ta case climatisée ! la Polynésie, ce n’est pas ça et personnellement, je n’y vois que du positif :

- Zone de navigation titanesque : plus de 100 îles réparties sur une zone aussi vaste que l’europe

- Diversité ! diversité culturelle, géographique et ethnique

- Beauté d’un lagon unique avec des eaux cristallines et poissonneuses

- Beauté du relief avec une végétation luxuriante avec de belles randonnées à faire. 

- Accueil et générosité légendaire des polynésiens : si Papeete est le poumon économique du pays, ailleurs se trouve encore la vraie Polynésie où la vie s’écoule paisiblement.

- Contact chaleureux et facile, tutoiement permanent (même aux gendarmes, banquiers, …)

- Pêche, chasse, cueillette accessible : impossible de mourir de faim ; les bananiers et cocotiers donnent des fruits toute l’année mais aussi l’uru, le fruit de l’arbre à pain…

- Possibilité de vivre à moindre coût et simplement grâce aux PPN (Produit de Première Nécessité) mis en place par le gouvernement et qui permettent d’acheter souvent moins cher qu’en métropole les produits alimentaires de base : pain, poulet, thon, riz, pâtes, farine, sucre, lait, produit bébé, etc…

- Potentiel énorme : tout est possible, tout reste à faire ; il suffit de s’investir, d’être honnête et ça marche !

- Territoire français : pas de visa, pas de limitation dans le temps.

 

 

 

 

Données géographiques et autres :

La Polynésie Française est constituée de 118 îles environ, ce qui représente une superficie de 4200km² (lagon compris) dispersée sur 2,5 millions de kilomètres carrés, équivalant à la surface de l’Europe (disons la vieille Europe !).

La Polynésie est composée de 5 archipels, tous différents géographiquement :

> Archipel de la société (1747km²) avec les îles du vent (Tahiti, Moorea et Tétiaroa), plus Maiao (interdite aux étrangers) et Mehetia (inhabitée), et les îles sous le vent (Huahine, Raiatea, Tahaa, Bora Bora et Maupiti)

> Archipel des Marquises (1274Km²) : 10 îles dot 6 habitées (Nuku Hiva, Hiva Oa, Ua Pou, Ua Huka, …)

> Archipel des Tuamotu (1000km²) : 84 îles dot 41 habitées (Rangiroa, Tikehau, Fakarava, Manihi, Ahe, Mataiva, etc…)

> Archipel des Australes (141km²) : îles Rurutu, Tubai, Rimatara, Raivavae et Rapa

> Archipel des Gambier (36Km²) : 12 îles dont 6 sont habitées

 

Chaque archipel est différent et mérite que l’on s’y arrête. Il y a des îles hautes avec lagon, des îles sans lagon et des lagons sans île : les atolls. Pour découvrir tout ça, il faut du temps, beaucoup de temps ; malheureusement, les voiliers arrivant en Polynésie ne peuvent rester plus d’un an car au-delà, il faut importer le bateau et payer les taxes de douane : c’est la Papeetisation ; pour les navires francisés, elle est d’environ 18% (calculée sur la valeur du bateau par expertise), plus des frais de dossier.

A cette durée de séjour d’un an se rajoute l’éloignement des îles ; les distances peuvent être très grandes d’un archipel à l’autre. Partant de Tahiti, la première île à l’Ouest est Huahine, distante de 100 milles et vers l’Est, les Marquises sont à 800 milles. Et pour compliquer le tout, le positionnement des îles est grosso modo d’Ouest en Est, ce qui, avec les alizés, ne facilite pas la navigation dans un sens !

Comparativement à la Calédonie, il n’y a pas beaucoup de voilier en Polynésie. Mais l’éloignement des îles n’est pas la principale raison, il y a aussi le problème des places en marina et cela ne va pas s’arranger car les possibilités d’extensions sont épuisées (à l’exception de la marina de Moorea).

 

 

 

Les Marinas en Polynésie :

 

Sur Tahiti, proche Papeete :

- Yacht Club d’Arue : marina associative, très bien car elle organise de nombreuse régate – officiellement : 3 ans d’attente et ils ne veulent plus de bateau habité.

- Marina Fare Ute (port autonome) : dans la zone industrielle, elle est en cours de fermeture pour les voiliers pour l’extension du port de pêche.

- Port de Papeete : après avoir viré tous les bateaux, le port Autonome de Papeete a installé des pontons (heu, des barges métallique !) pour accueillir à nouveau les voiliers de passage ; mais de toute façon cela n’a aucun intérêt : pollution, bruit 21h/24h, vol et passage incessant des bateaux.

- Marina Taina : entièrement refaite, elle est complète mais on peut trouver des places sur le quai extérieur (il faut fournir 2 grandes aussières de 70 mètres amarrées sur des corps mort dans le tombant et l’arrière du bateau est amarré au quai) – tarif exorbitant en pleine saison. Il n’est plus possible de mouiller devant la marina, cette dernière vient de mettre en place des corps morts occupant tout le lagon (tarif pour un 12 mètres : 120 euros /mois) avec l'accès à la marina et ses installations. La seule possibilité de mouillage reste devant le Sofitel mais le débarquement à terre pose toujours problème, sauf si vous payez le ‘contrat annexe’ pour pouvoir débarquer à la marina. Attention au mouillage dans cette zone, il y a souvent des vols sur les bateaux.

    

 

Sur Tahiti, côte est, loin de Papeete :

- Marina Port Phaeton (presqu’île) : la mieux protégée en cas de cyclone, elle est petite mais on peut trouver de la place si le tirant d’eau est inférieur à 1m80

- Il existe 2 petites marinas marina sur la cote ouest de Tahiti mais elles sont petites : Marina Tehoro (après Papara) et l’autre après Teahupoo

 

 

Sur Moorea :

- Marina Vaiare (port autonome) : c’est la mieux et la moins chère – assez tranquille malgré la proximité du port et de la centrale électrique ; les pontons sont fixes et costauds, il y a souvent de la place (tarif mensuel : 16euros du mètre linéaire + 50% si bateau habité) – évitez le tarif journalier (attention, le tarif mensuel est calendaire !). Un projet d’extension coté lagon est prévu, ce qui doublerait la capacité de la marina qui est actuellement de 120 places.

 

Sur Raiatea :

Il y a 2 marinas : Apoiti et Uturaerae qui est privée – elles sont toutes les deux saturées – liste d’attente : 2 ans env. mais avec de la persévérance, il est possible de trouver, surtout à Uturaerae (qui est gérée par l’Equipement)

 

Le mouillage et le PGEM :

Notre espace de liberté se réduit ! à Moorea par exemple, le PGEM (Plan de Gestion de l’Espace Maritime) réglemente le mouillage de façon scandaleuse. Extrait : « Votre bateau peut rester 48 heures sur fonds de sable. Passé ce délai, il doit être ancré dans les zones prévues à cet effet, au maximum 7 jours consécutifs et 90 jours cumulés au cours de l’année. » 

C’est une très bonne chose de réglementer le lagon mais pourquoi interdire le mouillage dans la durée ? Pourquoi vouloir ‘parquer’ les bateaux dans des zones aux fonds des baies ? Pourquoi il n’y a pas eu de concertation avec les voiliers de Polynésie (contrairement à ce qui a été dit) ? La réponse est simple : ce sont des terriens, propriétaire de bord de mer, qui sont à l’origine du texte du PGEM et ils ne veulent pas de bateaux devant chez eux ; ces personnes sont persuadées que les voiliers sont des gros pollueurs, destructeurs de lagon et qu’ils vont finir en épave aux fonds des baies. Je n’ai rien inventé, ce sont les responsables du PGEM qui le disent !

Au jour d’aujourd’hui, les contrôles sont rares mais les moyens sont là et cela va venir un jour, inévitablement. Et les autres îles seront tôt ou tard réglementées, jusqu’à la Polynésie tout entière ; la destination ‘Tahiti et ses îles’ sera réservée aux bateaux riches et seulement de passage ; les autres passeront leur chemin et iront mouiller plus loin, beaucoup plus loin…

 

Qu’es ce que le PGEM ? Le PGEM n’est rien d’autre qu’un Programme Gastouné d’Elimination des Marins !!!

 

 

Les trous à cyclones :

Il y a rarement de cyclone en Polynésie, heureusement car le seul abri vraiment bien protégé est au fond du port Phaeton à la presqu’île (au nord de la pointe Paparoa). Aux îles sous le vent, il y a aussi la baie Bourayne à Huahine, voir dans la baie de Apu à Tahaa. Ailleurs, il n’y a rien et tous les autres abris ont un risque.

Une autre solution consiste à remonter sur les Marquises qui ne sont pas concernées car trop proches de l’équateur.

 

 

 

L'indispensable Guide de navigation et de tourisme de la Polynésie Française (Marquises, Tuamotu, Gambier, Société et Australes)

 

 

         

          >>> A Suivre : Les Iles Du Vent ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 15 octobre 2008

Les Iles Du Vent, un ancien paradis de la navigation.

Les îles du vent ne sont pas le paradis de la navigation, désolé mais c’est la vérité ; le temps de Moitessier est fini, seule la carte bleue est acceptée, et encore… ce n’est pas à Tahiti que l’on trouvera le mouillage ‘carte postale’, mais on commence à s’y rapprocher.

 

                                        Tahiti

 

Quelques mouillages au Sud de Tahiti permettent de découvrir l’île et les marinas à l’Ouest n’offrent d’intérêt que la proximité de la capitale pour un approvisionnement, une réparation ou la découverte de l’île. Le lagon Sud de Tahiti jusqu’à la presqu’île est beaucoup plus intéressant si l’on a le temps de naviguer.

 

          La presqu'île de Tahiti : un véritable trou à cyclone tranquille

 

 

Quoi faire sur Tahiti ? Pas grand chose coté lagon en tout cas, mais la montagne donne de belles possibilités de ballades. Il existe un guide qui référence toutes les randonnées sur Tahiti et Moorea ; à acheter impérativement lorsque l’on ne connaît pas car la première particularité de la montagne à Tahiti est qu’elle est privée ! la deuxième est que la végétation est très dense et qu’elle pousse très vite, un guide est donc parfois nécessaire.

 

 

Guide : Ballades en montagne (Tahiti – Moorea)

 

 

 

Moorea est l’île sœur de Tahiti, à une poignée de milles seulement, on y découvre la baie de Cook et celle d’Opunohu avec une multitude de mouillage et un beau lagon ; cette île vaut le détour même si son développement exponentiel  risque à court terme de la défigurer à jamais.

Le mouillage le plus connu et le plus beau se trouve dans le lagon d’Opunohu, par 5 mètres de fond ; il est excellent et il y a de la place ; l’accès à terre est facile par la plage publique et on peut trouver des fruits sur la route des ananas : banane, pamplemousse et fruits de la passion sont à volonté ! Le mouillage dans le fond de la baie est tristouné et sans intérêt. Possibilité de faire de l’eau au petit port de Papetoai.

La baie de Cook est moins isolée et le mouillage dans le lagon de Maharepa, en face de la pharmacie, est un bon compromis entre lagon et ravitaillement car les commerces, supermarchés et banques ne sont pas loin (10 minutes à pieds).

 

            Mouillage dans le lagon d'Opunohu

 

Le fond de la baie de Cook offre un bon abri et on peut faire de l’eau et du gasoil au ponton de la station Mobil ; il existe de nombreux corps mort abandonnés dans cette baie, surtout en face du club Bali Hai (me contacter pour leurs positions GPS) ; cette baie n’est pas protégée par vent de nord mais elle reste cependant idéale pour un long séjour et la possession d’un corps mort, même illégal, permet de contourner la loi du PGEM sur la durée de mouillage (fichier pgem.pdf dispo en bas de cette page)

Le coté Est de l’île de Moorea est méconnu des plaisanciers et pourtant la passe Tupapaurau donne accès à un lagon sauvage comme je les aime… c'est-à-dire désert !

 

 

Tetiaroa est l’atoll privé de Marlon Brando. Le lagon est fermé et il n’y a pas de possibilité de mouillage. Il existe un corps mort privé au sud de l’atoll, il est protégé par vent d’Est mais pas de la houle de NO-N-NE qui rend le mouillage infernal ; si vous utilisez le corps mort, il faut toujours laisser un marin à bord en cas de changement brutal de temps, et ne pas l’utiliser lorsque le bateau de charter arrive (généralement de 10heures à 15heures) : catamaran ‘Vehia’ ou voilier ‘l’escapade’.

 

           Ne pas se louper : attendre et passer avec la vague !

 

Pour débarquer à terre en annexe, il ne faut pas se louper : à gauche de la structure métallique (ancien débarcadère) se trouve une petite passe qu’il faut franchir en même temps que la vague. Personnellement, je trouve qu’à la nage c’est plus simple et moins risqué pour le moteur de l’annexe.  >>> Ce que vous allez découvrir à terre est fantastique et unique !

Attention : légalement, vous avez le droit d’aller sur la plage mais pas de s’aventurer dans les terres, mais je vous conseille de le faire, rien que pour découvrir la multitude d’oiseau et aussi pour cette sensation d’être le premier homme à pénétrer dans ce sanctuaire… en tout cas : ne touchez pas les oiseaux ! sinon la mère risque d’abandonner son oisillon.

 

 

 

 

Un mot sur Maiao : cette île est interdite aux étrangers. L’histoire très brièvement : en 1925, un anglais (c’est peut être un hollandais d’ailleurs ?), Eric Trower, tenta de s’approprier l’île ; La population réussie malgré tout à récupérer leur terre et depuis, l’accès est interdit aux européens et chinois ; il s’est crée une certaine défiance à l’égard des étrangers qui persiste encore aujourd’hui. Bref, personne n’est le bienvenu et les anciens veillent sur leur île comme à la prunelle de leurs yeux.

L’accès en bateau est quand même possible mais pour une courte période, par le quai de débarquement située au nord-ouest de l’île (passe Avarai) ; renseignement et autorisation indispensables auprès de la mairie de Moorea.

 

Dernière île des IDV, l’oubliée : l’île de Mehetia, (Meetia) à 60 milles à l’Est de Tahiti ; pas de lagon et mouillage risqué par 25 mètres de fond. L’île est privée et inhabitée – son accès est difficile.

 

 

 

 

          >>> A suivre : les Iles Sous Le Vent . . .

 

mardi 14 octobre 2008

Les Iles Sous Le Vent, paradis de la navigation

Les îles sous le vent sont le paradis de la navigation ; après Tahiti, c’est dans ce groupe d’îles que l’on trouvera le plus de bateau.

 

 

Raiatea est la deuxième île de l’archipel de la société après Tahiti ; toute l’activité économique y est regroupée ; c’est d’ailleurs dans cette île (et uniquement dans cette île) que l’on peut louer un voilier ; c’est aussi un très bon endroit pour caréner son bateau avec des petits magasins d’accastillage et des professionnels qui pourront vous aider.

 

     3 locations de bateaux : Sunsail, Tahiti Yacht Charter et Moorings

     2 chantiers de carénage : Raiatea Carénage Service et Chantier Naval des Iles.

Le ravitaillement se fait au petit dock de Uturoa, au cœur de la ville : eau, gasoil, banque et supermarché juste en face. L’accès est gratuit et en théorie limité à 48 heures. Attention au vent d’est qui peut vous bloquer dans ce mini port en demi cercle.

Juste à coté, un peu plus à l’ouest, se trouve la marina d’Uturoa (Uturaerae) et la marina d’Apooiti qui possède des corps mort appartenant aux sociétés de locations : Moorings et Tahiti Yacht Charter que l’on peut utiliser en demandant l’autorisation par VHF.

A l’Est de Raiatea, la baie de Faaroa abrite la base de location Stardust avec là aussi la possibilité d’utiliser leur corps mort (le premier jour est gratuit) ; outre l’excellent abri de cette baie, l’intérêt de cette escale est de remonter la rivière en annexe sur plus d’un kilomètre avec au final une baignade en eau claire : fantastique !

 

 

Tahaa est l’île d’en face qui partage le même lagon avec Raiatea. Si Raiatea n’offre que peu d’intérêt pour la navigation, le tour de l’île de Tahaa à la voile est un régal.

Tahaa est ‘l’île vanille’ et son lagon offre une quantité incroyable de mouillage, surtout si le tirant d’eau du bateau est faible. Attention cependant aux fermes perlières, en grand nombre dans le lagon et dont les propriétaires n’aiment pas que l’on s’y approche de trop près. Le guide de navigation de la Polynésie et les cartes marines de sociétés de locations de bateaux donnent un bon aperçu des possibilités de mouillage.

  

 

 

 

Bora Bora est l’île mythique où tout le monde veut aller ; décrite comme la ‘perle du pacifique’ elle est aujourd’hui surexploitée par le tourisme de luxe.

Certes le lagon est beau, le relief de l’île aussi, mais les hôtels de luxe ont tout envahi avec leurs bungalows sur pilotis ; les plages sont rares, l’île est sale, les prestations sont chères, les petites pensions disparaissent, tout est bisness, le sens de l’accueil est perdu !

N’y allez pas, sauf avec votre bateau et pour dire : j’y étais !

 

 

 

Maupiti est un peu comme la Polynésie d’antan ou comme on se l’imagine ; elle est très peu touristique et pourtant, elle vaut largement Bora Bora ! La passe Onoiau, au Sud, n’est pas facile ; venant de Bora, il faut vous préparer à faire demi-tour si le courant est trop fort.

Le lagon de Maupiti n’est pas navigable mais on peut mouiller derrière les deux motu de la passe et devant le village.

 

 

 

Huahine est à seulement 20 milles à l’Est de Raiatea, elle est restée sauvage et c’est notre préférée. Tout comme Maupiti, la population a été consulté sur l’avenir de l’île et a refusé massivement le projet de construction d’une grosse structure hôtelière, préférant garder leur authenticité.

A l’Ouest, 2 grandes passes permettent d’entrer dans le lagon, juste devant le village principal : Fare. On peut mouiller entre les 2 passes ou devant le plage à gauche du village, c’est beaucoup plus sympa. On trouve tout le ravitaillement nécessaire à Fare ; il n’y a quasiment rien d’autre sur l’île. On peut aussi louer des scooters pour découvrir l’île, c’est le mieux et c’est moins fatiguant que le vélo ! l’île est double : Huahine Nui et Huahine Iti, reliées dans le même lagon par un pont.

 

 

 

Nos mouillages préfères : en naviguant vers le Sud, le mouillage devant l’ancien hôtel Ana Iti (entièrement dévasté par une dépression tropicale en 1998) est fantastique : l’hôtel est abandonné mais on y trouve tous les fruits et fleurs dans les anciens jardins, de quoi à faire un bon plein tout en décorant le bateau. Siki est l’ancien gardien de l’hôtel et si il est un peu mytho sur les bord (il prétend travailler pour le GIP qui n’existe plus depuis longtemps), il est sympa et vous indiquera où trouver des régimes de bananes. (sinon, tous les fruits se trouvent dans la partie nord de l'hôtel : avocat, uru, mangue, pamplemousse, fruit de la passion, carambole ; et les bananiers sont plus au fond, à droite du chemin d'accès)

 

 

 

En continuant plus vers le Sud, on arrive au terminus : la baie d’Avea ; cette grande baie ouverte offre un intérêt tout particulier : nager avec les raies manta ! On mouille dans 10 mètres d’eau, à la limite du bleu turquoise dont la profondeur est de 1,50M jusqu’à la barrière : une véritable piscine à fond de sable de plusieurs hectares.

 

  

 

 

Juste avant l’apéro, le show des raies commence : c’est fantastique et unique. Et le lendemain matin, elles remettent ça ! Il n’y a aucun danger à nager avec elles mais il faut éviter de les toucher.

 

 

Et pour ceux qui veulent jouer à Robinson, il y a le coté Est de l’île qui est peu fréquenté par les navigateurs, à tord car c’est une bonne escale avant de repartir sur Tahiti. La passe Farerea est large mais elle est parfois impraticable par fort vent d’Est. En remontant vers le grand motu Murimahora sur la gauche, le mouillage est super bien abrité et …..désert ! On débarque à terre par le petit port de Tefarerii d’où on peut se balader dans le village et grimper au sommet de Huahine Iti, à  462 mètres. Coté motu, on peut acheter de la pastèque, une des ressources de l’île.

 

 

 

 

          >>> A suivre : Les Tuamotu . . .

lundi 13 octobre 2008

Les Tuamotu : dépaysement absolu !

Les Tuamotu sont un chapelet de 84 atolls ; pas de relief, seulement des anneaux coralliens à fleur d’eau. Le dépaysement est garanti, le cadre est sauvage, la vie y est simple et cool : c’est peut être le bout du monde !

 

 

Difficile de faire un choix ; même si la configuration de tous ces atolls est la même, ils sont tous différents. Du plus grand avec Rangiroa (2000 habitants) au plus petit dont j’ai oublié le nom, on y trouve aussi des atolls déserts comme celui de Tahanea. La plupart sont navigables mais certain sont fermés, comme Mataiva.

Les plus connus en navigation sont dans les Tuamotu nord : Rangiroa, Tikehau, Apataki, Ahe, Manihi, Aratika, Toau, Kauehi, Raraka et Fakarava. Impossible de tous les décrire, le guide de navigation de la Polynésie le fait très bien ; nous, on a bien aimé Rangiroa car la diversité de ses mouillages y est importante et l’approvisionnement à Avatoru est correct : 2 bonnes raisons pour y farnienter quelques mois…

 

 

 

Rangiroa est le plus grand de tous les atolls de la Polynésie et on pourrait y mettre l’île de Tahiti ! c’est aussi le plus proche de Tahiti, à 190 milles au nord-est, la route est facile, il faut juste éviter l’île de Makatea ! on ne peut pas s’y arrêter car c’est un atoll haut de 70 mètres avec des falaises abruptes et sans lagon ; cet atoll spécial à connu son heure de gloire avant la période du CEP, grâce à ses richesses de phosphate.

 

 

Il y a 2 passes pour pénétrer dans le lagon de Rangiroa. Il vaut mieux utiliser la passe d’Avatoru car la passe de Tiputa peut générer des courants très impressionnants si elle n’est pas franchie à l’étale.

Le mouillage le plus fréquenté est celui de l’hôtel Kia Ora, à coté de la passe de Tiputa. Après, il y a tellement de possibilité de mouillage qu’il est possible de ne jamais croiser un autre bateau ; c’est avant tout pour cette diversité que l’on a aimé cet atoll.

 

 

Le lagon bleu et son île aux oiseaux :

C’est un lagon à l’intérieur du lagon : fantastique, unique mais risqué car il se trouve à l’ouest de l’atoll, donc sous le vent ; en cas de mauvais temps, la mer a vite fait de se former et le mouillage peut devenir très dangereux, surtout qu’il est entouré de patates de corail. En cas de doute sur la météo, il vaut mieux mouiller plus au nord, vers la passe de Tivaru car il sera plus facile de dégager en pleine nuit pour rejoindre Avatoru ; plan galère quand même…

Mais si le beau temps est avec vous, le lagon bleu est un pur bonheur, surtout lorsque le dernier bateau de touristes repart et que vous vous retrouvez seul dans ce mini paradis.

 

 

 

 

Otepipi, un ancien village abandonné :

C’était le plus grand village de l’atoll mais son éloignement de la passe lui a été fatal ; seul l’église a survécue car elle est régulièrement entretenue par des pèlerinages.

  

 

 

L’île aux récifs :

Au sud de l’atoll, coté océan se trouve des massifs coralliens de faible profondeur et de formes étranges ; à l’intérieur : des petites piscines naturelles reliées par des chenaux avec une circulation d’eau permanente qui en fait un véritable aqualand.

 

 

 

Entre Teu et Ovete : un autre lagon bleu, beaucoup moins risqué celui là !

Il existe avant les sables roses un deuxième ‘lagon bleu’, un autre lagon dans le lagon, beaucoup moins touristique et beaucoup moins risqué car le mouillage est abrité du vent d’est. C’est la carte postale typique des tropiques : sable-cocotier-eau turquoise

 

 

 

Les sables roses :

A l’extrême sud-est du lagon, près du motu Vahituri se trouve des petites étendues de sables roses ; c’est beau mais c’est tout ! L’endroit est paumé mais très bien abrité.

 

 

 

 

          >>> A suivre : les îles Marquises …

 

dimanche 14 janvier 2007

Disparition tragique de Dominique Petit et de ses 2 enfants

Le vendredi 4 juin 2010, Dominique Petit, 50 ans a disparu en mer à bord de son voilier Honu (ex Lzone), avec ses deux enfants Gaëlle 3 ans et Arthur 18 mois. Un pêcheur a vu le bateau couler au large de l’île de Moorea. Dominique est un excellent marin, le bateau étant en très bon état et équipé, on ne peut penser qu’au pire.

Non, ce n’est pas un hommage à Dominique, cette disparition est tragique, ce qu’il a fait est impardonnable mais Dominique est quelqu’un de bien et je tenais à laisser sa trace sur le net.

 

                                                              A bord de Lzone, Dominique est à droite (nov. 2007)

 

Dominique était séparé de sa première femme dont il a eu 3 enfants. Ancien prothésiste dentaire, il s’était reconverti dans le nautisme notamment en passant son BPPV. En Martinique, il avait acheté un Sun Fizz et avait rencontré Vanessa, la mère de ses 2 derniers enfants. Ensemble ils avaient retapé entièrement le bateau et étaient partis vers l’ouest ;  nos chemins se sont croisés à Tahiti.

La première fois que j’ai rencontré Dominique, c’était dans un truck à Papeete ; il avait un paréo autour du cou avec un petit truc à l’intérieur : c’était Gaëlle …

Depuis ce jour, on a partagé 3 années de souvenirs... de bons moments et des moins bons…

Je me souviens surtout des bons, comme les bonnes bouffes partagées ensemble, des Noëls et des jours de l’an, des poissons du lagon grillés sur son barbecue (une marmite en fonte boulonnée au régulateur d’allure), des gros repas sur le Mootea, des bonnes hinano bien fraîches, du vieux rhum en fin de soirée, bref, de bons moments entre copains.

Je me souviens aussi de ses bricolages ingénieux comme la grande jupe arrière de son bateau très bien faite qui supportait le régulateur, un barbecue et un petit safran qui lui permettait de régler le cap de son bateau avec le petit doigt ! C’était un bon marin, responsable et prévoyant, et qui était toujours partant pour donner un coup de main. Il avait une énergie considérable, une vraie pile électrique ! Cette énergie, il l’a transmettait à ses enfants en inventant des jeux et des activités pour les occuper. C’était un bon père, un très bon père.

Je me souviens aussi des plans galères comme une virée à Moorea à 3 bateaux ; Dominique s’était échoué en voulant aider un autre bateau échoué lui aussi : Greg de Timshel ; il nous a fallut tout l’après midi pour sortir les 2 bateaux ; de la fatigue, de la casse matérielle et du rhum le soir autour d’un bon repas. Et la fois où Dominique a perdu son mouillage tout neuf devant l’aéroport de Faa’a, comme quoi ça n’arrive pas qu’au débutant ! On a réussi à retrouver son mouillage le lendemain en sillonnant méthodiquement le lagon.

Mais je me souviens surtout des histoires de Dominique : un vrai moulin à paroles ! Il n’arrêtait jamais, toujours à raconter ses blagues et surtout ses souvenirs : ses souvenirs avec ses 3 premiers enfants, ses souvenirs de navigation, ses souvenirs d’enfance…

 

Mon grand regret restera de ne pas avoir été présent dans la période de séparation avec Vanessa ; il a du se sentir bien seul. L’histoire se répétait une deuxième fois pour lui car la conciliation avec sa compagne n’avait pas aboutie : il n’a pas obtenu la garde de ses 2 enfants. Il n’a pas supporté de perdre une fois ses enfants ; la rupture brutale et injuste avec sa première femme l’avait beaucoup affecté ; il aimait trop ses enfants, les perdre une deuxième fois lui était insupportable ; c’est à ce moment précis que tout s’est probablement enchaîné…

 

La chronologie des dernières 24 heures :

Le jeudi 3 juin 2010, Dominique devait rendre Gaëlle et Arthur à Vanessa ; il a donc fait le plein de son bateau et est parti en mer avec eux ; il a aussi envoyé une lettre par mail à sa compagne lui indiquant son intention de disparaître avec les enfants…

Le vendredi 4 juin 2010, en début d’après midi, un pêcheur de Moorea  aperçut un bateau gîter anormalement ; il s’est approché et l’a vu couler sous ses yeux dans le grand bleu ; il n’a pas eu le temps d’intervenir ni de voir l’intérieur du bateau mais il a récupéré des éléments flottants appartenant bien au voilier, comme le radeau de sauvetage.

Dominique était un bon marin, le bateau était en très bon état et il était équipé (VHF, balise, Iridium, survie, etc…), l’hypothèse de l’accident en mer est peu probable, il n’en reste donc plus que 2 :

- Un sabotage volontaire du navire après avoir supprimé ses 2 enfants et s’être donné la mort

- Une mise en scène montée de toute pièce par Dominique pour partir discrètement avec les enfants.

 

Le doute est insupportable et on espère toujours ; nous sommes très affectés par sa disparition et je n’ose penser à sa compagne ; alors, on se rattache à cette petite possibilité, celle d’une mise en scène. On espère savoir un jour… on espère avoir des nouvelles, avoir un signe de vie.

 

J’attends ce signe.

 

Ton ami,

 

Florent

 

               A Raiatea dans leur petite maison - Gaëlle, Arthur et Maya -  Nov.2009

 

               Dominique s’apprêtant à mouler le pied et la main de Maya !