Malo e lelei,

Plus besoin de traduire, vous savez que ça veut dire « bonjour ».
Mer mauvaise

Après 40 heures de navigation difficile par une mer agitée, on est arrivé aux Tonga. J’espère qu’un jour on connaîtra une navigation idyllique par beau temps. On a rien cassé cette fois-ci mais on a perdu un jour de notre vie à cause de la ligne de changement de date, c’est un véritable scandale ! On est donc au pays des interdictions farfelues comme l’obligation pour les hommes de porter la chemise en public, sous peine d’amande, ou l’interdiction de bouger le petit doigt le dimanche ; ce jour là est un jour mort où toute activité est interdite, pas de pêche, pas de sport, pas de baignade, pas de commerce, etc… seul la messe est autorisée, bien évidemment…
Mouillage port refuge Le yacht club Facile pour le plein d'eau

Lorsque l’on arrive dans une nouvelle île, il faut se plier aux formalités d’immigration et de douane ; on passe d’un bureau à l’autre en remplissant une tonne de paperasse et en s’acquittant à chaque fois des droits. En théorie le bateau est inspecté, fumigé et les plantes, fruits et poubelles sont systématiquement détruits par incinération ; en pratique, c’est du pipeau et pour l’instant, personne n’est montée à bord. Notre fille Maya joue un rôle essentiel dans les démarches car elle attendrie les autorités avec ses grands sourires ; c’est d’ailleurs une chose surprenante ici, c’est l’adoration que suscitent les bébés. Dans tous les pays du monde, les gens aiment les bébés mais ici ça frôle l’hystérie collective. Au marché, les vendeuses s’arrachent Maya, elle passe de bras en bras, jusqu’à ce qu’on la perde des yeux ! Que ce soit au restaurant ou dans un cyber café, il y a toujours une serveuse pour nous la prendre, la dorloter, lui faire des bisous. C’est assez surprenant. Maya a été rebaptisée « smiling face » ou « happy baby » car elle se marre tout le temps dans les bras de tout le monde.
Plus de 40 mouillages ! Navcool Barbecue 2 mètres de fond ???

Les Tonga comportent 160 îles coralliennes dont seulement 36 sont habitées ; ce groupement d’îles est le nirvana des plaisanciers car on navigue dans un véritable labyrinthe d’îlots et de récifs, ce qui offre l’un des plus beaux bassins de croisière du Pacifique Sud. Dans notre groupe d’îles, les Vava’u, il y a plus de 40 mouillages référencés sur la carte mais en réalité il y en a beaucoup plus et ils sont tous différents et attrayants, le choix a été difficile ! on a adoré ‘Foeata’ qui est un petit lagon fermé perdu à l’ouest des Vava’u ; Hunga où l’on rentre par une étroite passe pour se retrouver à l’intérieur d’une île haute comme dans le cratère d’un volcan, incroyable ! et Tapana, entouré de 2 petits îlots déserts dans un petit lagon profond de 3 mètres, et partout, de l’eau limpide et des fonds superbes. Souvent seul dans ces mouillages, nos journées étaient bien remplies et lorsque la pêche était infructueuse, un pêcheur nous vendait ses poissons ou langoustes pour un prix extrêmement bas. Un jour, un Tongan est venu depuis l’autre coté de la baie (sur sa pirogue qu’il avait taillé dans un tronc d’arbre, du Mango) nous proposer son régime de banane et il a refusé notre argent, préférant faire du troc contre … des boites de corned-beef ! Le troc reste un bon moyen de se procurer de la marchandise et tout le monde y trouve son compte, une simple corde, des biscuits, des vêtements, des objets publicitaires contre des fruits, des poissons ou de l’artisanat local, tout est bon à échanger mais ce décalage entre nous est les Tongans est assez important et cette pauvreté apparente nous a marqué ; l’approvisionnement ici très faible, les magasins sont peu remplis et les produits importés sont chères ; il y a très peu de viande dans les magasins mais tout le monde a des cochons dans son jardin, un potager et la mer est généreuse.
Mouillage Foeata Tonga_075.jpg Le marché Mama au marché

Après 10 jours de mouillage, on est rentré au village pour préparer notre départ vers les Fiji. On quitte a regret ce paradis sans avoir vu la moindre baleine ni dauphin mais les Fiji nous réserve le meilleur. Notre première escale sera à Suva la capitale, pour y acheter des pièces pour le bateau et notamment le sondeur qui vient juste de nous lâcher, ce n’était pas le moment ! Cette navigation ne sera pas de tout repos car on doit contourner un groupe d’îles, trop dangereux à traverser, faire attention aux nombreux récifs isolés et arriver à destination aux heures d’ouverture des bureaux et surtout pas le week-end ; aux Fiji, on ne rigole pas et tous les moyens sont bons pour taxer les plaisanciers.
Nav Tonga_007.jpg coucher de soleil